mardi 29 novembre 2016

Emmanuel ROCHE : Prix de la nouvelle 2016

Vendredi 25 Novembre à la Médiathèque Toussaint à Angers

18 H 30... 
l'heure tant attendue de la remise du Prix la Nouvelle 2016, 
sixième édition !
 
E. ROCHE (Prix 2016) entre S. DUBIN (Prix 2010) et F. MULLER (Ed. Paul&Mike) 
Photo M. DURIGNEUX
 
 
En présence des principaux partenaires (notamment la Mairie d'Angers, représentée par Mme C. BLIN, les éditions Paul&Mike par F. MULLER...), le public (une soixantaine de personnes) découvre d'abord  le recueil lauréat "Un piano à la Nouvelle-Orléans" (couverture colorée des touches d'un piano et des lumières de la ville... sans oublier le superbe bandeau rouge !) puis son auteur, Emmanuel ROCHE, portant vêtement sombres et petites lunettes rondes.
Aussitôt s'engage un échange entre auteur, éditeur et juré(e)s...
Pour mieux faire connaissance avec E. ROCHE, nous reproduisons ci-dessous quelques unes des réponses... et invitons à lire dans HARFANG N° 49 la nouvelle "Rumeur lointaine" extraite du recueil à titre de lecture apéritive.

On peut se procurer le recueil au prix public de  (franco de port)
 
E. ROCHE (Photo Michel DURIGNEUX)
 
D’où vous est venue l’idée d’écrire un recueil de nouvelles sur la Nouvelle-Orléans ?

 
 E. R. : L’idée était de donner une unité de lieu au recueil. Le lieu m’est venu avant les personnages et les histoires. D’une certaine façon, les lieux suscitent les personnages et provoquent les histoires. J’ai besoin de m’imprégner d’un cadre géographique précis et de maîtriser les rues que les personnages arpenteront avant de mettre en scène des tranches de vie.
Le choix d’inscrire mes nouvelles dans une ville du Sud des Etats-Unis s’explique en partie par mon itinéraire personnel : je suis enclin à évoquer des lieux où j’ai vécu. Et le choix précis de la Nouvelle-Orléans a tenu à la particularité de cette ville, dont l’histoire est très dense, une ville à la fois française, espagnole, créole, sicilienne, américaine. À ce titre, elle se prêtait bien à jouer un rôle de fil directeur pour relier les nouvelles présentes dans ce recueil.

 
 Peut-on parler de recueil historique, puisque les 8 nouvelles se situent à la Nouvelle-Orléans, mais  à des époques différentes, de 1865 à 2015 : était-ce pour vous un moyen de varier les approches et d’évoquer les problèmes sociaux, raciaux… au cours de l’Histoire ?

 
 E. R. : C’est un recueil historique dans la mesure où, de manière partielle, les nouvelles successives racontent l’évolution de la ville. Elles focalisent, à intervalles réguliers, sur la vie de certains anonymes, qui sont plongés dans un contexte historique précis et parfois confrontés à des événements historiques (l’assassinat de Huey Long en 1935, l’ouragan Katrina en 2005…)
Mais je ne suis pas un historien : j’aime l’idée d’accomplir un travail documentaire conséquent pour n’en retenir au final que quelques lignes allusives dans une nouvelle – parce que l’art de la brièveté exclut toute tentation de démonstration didactique. De même, les problèmes sociaux ou raciaux n’apparaissent qu’à la marge, quand ils sont commandés par le parcours spécifique d’un personnage.

 
 Peut-on parler aussi d’un recueil musical, puisque le lecteur entend en fond sonore pianos, trompettes et saxos de la Nouvelle Orléans ?

 
 E. R. : Le piano (et parfois le pianiste) accompagne les 150 ans couverts par le recueil. La musique du Sud des Etats-Unis joue un rôle important dans ma vie comme dans mon écriture : d’ailleurs, j’écris souvent en musique. Avec Memphis et Nashville, la Nouvelle-Orléans est l’une des villes du Sud indissociables de l’histoire de la musique populaire (jazz, blues, country, rock’n’roll) avec, pour la Nouvelle-Orléans, des formes musicales propres à la Louisiane (cajun, zydeco, swamp pop) Il me semblait donc indispensable d’entendre de la musique en fond sonore : les chansons de Fats Domino, pianiste emblématique de la Nouvelle-Orléans depuis plus de 60 ans, et d’autres artistes des années 1950 comme Lloyd Price et Professor Longhair, qui sont mentionnés dans certaines nouvelles.

 
 Un piano à la Nouvelle-Orléans est votre premier recueil : que vous apporte l’obtention du Prix de la Nouvelle 2016 ? Quels sont désormais vos projets d’écriture ?

 
E. R. : C’est d’abord une joie immense d’avoir été lu et apprécié par le jury. J’écris des nouvelles depuis trois ans, et quelques-unes ont été primées. Mais l’intérêt de concourir pour le Prix de la Nouvelle d’Angers était de réussir à écrire non pas une seule nouvelle mais un recueil entier, c’est-à-dire un ensemble cohérent.
J’ai un peu délaissé les concours de nouvelles en 2016, écrivant très peu de nouvelles isolées pour nourrir justement un projet plus global de nouvelles liées, dans l’esprit d’Un Piano à la Nouvelle-Orléans, mais centrées sur le Tennessee à l’époque contemporaine. À ce titre, l’obtention du Prix est un véritable encouragement à poursuivre sur cette voie.

 
Quelles références littéraires vous ont accompagné pendant l’écriture de ce recueil ? Et plus généralement quels sont vos modèles littéraires ? vos lectures préférées ?

 
 E. R. : Pendant l’écriture de ce recueil, mes références ont été musicales plutôt que littéraires. Cela dit, en mettant en scène, nouvelle après nouvelle, l’évolution de la Nouvelle-Orléans, j’ai pensé aux vers de Baudelaire face à la disparition du vieux quartier du Carrousel à Paris « la forme d’une ville / Change plus vite, hélas ! que le cœur d’un mortel » (le premier vers a été repris par Julien Gracq dans le livre qu’il a consacré à la ville de Nantes) C’est cette disparition progressive de la Nouvelle-Orléans d’autrefois que raconte le recueil.
Plus généralement, mes modèles littéraires sont nombreux, ce sont les écrivains que j’ai découverts à 20 ans et qui ont sans doute influencé ma conception de l’écriture : les nouvellistes du Sud des Etats-Unis comme Flannery O’Connor ou Eudora Welty, ainsi que les romanciers auxquels j’ai consacré mon mémoire de maîtrise de lettres modernes : William Faulkner et Andrew Lytle (que j’ai eu la chance de rencontrer parce qu’il passait sa retraite non loin de Sewanee, l’université américaine où j’ai travaillé dans le Tennessee) Puis la littérature italienne, que j’ai beaucoup lue à partir de ma découverte d’auteurs comme Italo Svevo ou Cesare Pavese, qui est peut-être l’écrivain que j’apprécie le plus. En France, les romans de Patrick Modiano m’accompagnent depuis mon adolescence et la découverte de Dimanches d’août. J’ai consacré un mémoire universitaire aux voyages américains de Blaise Cendrars, c’est aussi une œuvre fascinante que j’ai dévorée. Et j’aime les romans noirs de Frédéric Dard et les nouvelles de Marcel Aymé.

vendredi 25 novembre 2016

HARFANG N°49... ou la petite musique des Prix littéraires


Tous les ans, à l’automne, revient le rituel des feuilles qui tombent et des prix littéraires…
Comme le refrain d’une petite musique familière.
Alors n’hésitez pas à prêter l’oreille au chant du Harfang dans la profondeur des forêts automnales.

  
Cette année encore Harfang maintient la tradition en célébrant dans son N° 49 Emmanuel Roche, lauréat de la sixième édition du Prix de la Nouvelle d’Angers* et en publiant un entretien et une nouvelle extraite de son recueil « Un piano à la Nouvelle-Orléans »… qui s’ouvre justement sur quelques « notes de stomp endiablé ».
 
Parmi les nouvelles des 5 autres finalistes, on peut -entre autres- entonner le refrain féministe « allez les filles debout » avec Bella dont Béatrice Chauvin-Ballay nous dit qu’elle « avait tout » !
On peut aussi -sans nostalgie aucune- continuer à apprécier la petite musique des lauréats des éditions précédentes avec Estelle Granet (Prix 2014), Gilles Verdet (finaliste 2014 et Grand Prix SGDL 2016) et Marc Bénard (Prix 2008) qui nous fait entendre dans un boui-boui de Tapeï la voix d’Yvonne Printemps chantant « Plaisir d’amour… » !
Et l’on n’oubliera pas non plus Antoine Bargel qui évoque le souvenir du grand chanteur Richard Tauber dans « Une chanson d’amour ». 
Ne dit-on pas qu’en France tout finit par des chansons… ?
 
Harfang N°49 (122 pages) 12 €
13bis avenue Vauban 49000 ANGERS
*Remise du Prix de la Nouvelle 2016
à la Médiathèque Toussaint à Angers
le vendredi 25 Novembre 2016 à  18 H 30
(entrée libre)

 

vendredi 11 novembre 2016

Sylvie DUBIN, Prix Ozoir'elles 2016


Pour sa neuvième édition, le Prix Ozoir’elles 2016 a été remis à Sylvie Dubin pour son recueil Vent de boulet (Paul&Mike). Elle succède ainsi au palmarès à Luc Lang, Astrid Eliard et Éric Holder… Les autres recueils en compétition étaient Entre les rounds de Rodolphe Barry (Finitude), J’envisage de te vendre de Frédérique Martin (Belfond) et Football de Jean-Philippe Toussaint (Minuit).

 


S. DUBIN entourée par L.-M. FOUASSIER et Jean ROUAUD

      Regroupées autour de L.- M. FOUASSIER (organisateur du prix Ozoir'elles), les jurées d’Ozoir récompensent ainsi à juste titre un recueil exemplaire dont nous avons fait notre coup de cœur lors de sa parution au printemps dernier.