jeudi 20 juin 2013

NOUVELLES... DES PRIX LITTERAIRES 2013 : Goncourt, SGDL, Renaissance, Boccace, Litter'Halles...

Si une hirondelle ne fait pas le printemps, un prix littéraire ne fait pas plus le printemps de la nouvelle ! Cependant, ces quelques semaines, cinq prix littéraires viennent de récompenser cinq recueils de nouvelles parus depuis un an…
Pour autant n’est-ce là qu’une manifestation printanière ? une exception culturelle… (« ah ! la belle cérémonie traditionnelle de remise de prix… ! » diront même certains sur un ton nostalgique) ?

N’est-ce là qu’une opération commerciale ? On peut en douter, car cela se saurait… Si les Goncourt, Renaudot, Fémina, Médicis et autres Grands Prix font vendre, les « petits » prix, notamment ceux de la nouvelle, font rarement parler d’eux et sont peu mis en avant : pas de tête de gondole, pas de bandeau de couverture pour les recueils dont nous allons parler ! Alors quelle est leur véritable utilité ?
Est-ce un moyen de faire émerger quelques titres de qualité des énormes vagues de publications qui inondent toute l’année nos librairies ? Mais ne rêvons pas… loin des milliers de romans qui paraissent chaque année en France, le nombre de recueils de nouvelles publiés est limité : même pas une centaine, quelques dizaines tout au plus, toutes éditions confondues !

Alors après la première sélection faite par les éditeurs et les critques, est-il nécessaire de faire un nouveau tri ?
Est-ce un moyen de faire émerger les valeurs « sûres » ? Si l’on regarde les décennies qui viennent de s’écouler, et sans jugement sur les choix faits par les jurys, constatons que certains recueils et nouvellistes sont déjà oubliés et ne passeront sûrement pas à la postérité : qui se souvient de Stéphane Denis et de son recueil « Elle a maigri pour le festival » (Fayard), Bourse Goncourt 2001 ? D’autres au contraire semblent faire la quasi unanimité des jurys : ainsi en 2008 trois prix (Goncourt de la Nouvelle, Prix Renaissance, Prix Thyde Monnier de la SGDL) ont récompensé le recueil « Ultimes vérités sur la mort d’un nageur » (Verdier) de Jean-Yves Masson (lire Harfang N° 33). Et notons que les avis des jurys sont souvent concordants. Certains nouvellistes ayant obtenu 2, 3 ou 4 prix parmi les plus prestigieux : Annie Saumont : Goncourt en 1981, SGDL en 1989, Renaissance en 1991… ; Christiane Baroche : Goncourt en 1978, SGDL en 1994… ; Georges-Olivier Châteaureynaud : Goncourt en 2005… La liste serait longue.

D’autres encore viennent couronner, parfois tardivement, un nouvelliste déjà reconnu. Ainsi le Goncourt de la Nouvelle essayant de sauver sa valeur et se rattrapant en récompensant Châteaureynaud en 2005 pour « Singe savant tabassé par deux clowns » (Grasset) ou Didier Daeninckx en 2012 pour « L’espoir en contrebande » (Cherche-Midi).

Enfin, force est de reconnaître qu’un nouvelliste primé est souvent un romancier en puissance et qu’un premier « petit prix » est souvent un tremplin pour une reconnaissance plus générale et pour des prix plus importants : Jean Vautrin, Goncourt de la Nouvelle en 1986 pour « Baby Boom » obtiendra le Goncourt en 1989 pour son roman « Grand pas vers le bon dieu » ; Philippe Claudel, Goncourt de la Nouvelle 2003 pour son recueil « Les petites mécaniques » (Mercure de France) obtiendra quelques mois plus tard le Renaudot pour « Les âmes grises » (Stock) et le Goncourt des lycéens 2007 pour « Le rapport de Brodeck » (Stock)… Là aussi la liste serait longue.
 
Qu’en est-il en ce printemps 2013 ?
 
Commençons par le Goncourt de la Nouvelle (ex Bourse Goncourt de la Nouvelle) créée par Hervé Bazin il y a juste quarante ans. Dès 1974, il récompensait Daniel Boulanger pour « Fouette cocher » (Gallimard), Christiane Baroche en 1978 pour « Chambre avec vue sur le passé » (Gallimard), Annie Saumont en 1981 pour « Quelquefois dans les cérémonies » (Gallimard)… et plus récemment Olivier Adam en 2001 pour « Passer l’hiver » (L’Olivier).

Cette année, une première sélection de 4 recueils décidée par les 10 jurés Goncourt a eu lieu vers le mois de février et, début Mai, le Goncourt de la Nouvelle 2013 a été attribué à Fouad Laroui pour son recueil « L’étrange affaire du pantalon de Dassoukine » (Julliard). Rappelons que ce même Fouad Laroui avait obtenu le Prix de la Nouvelle de la SGDL en 2004 pour son recueil « Tu n’as rien compris à Hassan II ».
 

La plupart des 9 nouvelles de ce recueil font référence au Café de l’Univers situé dans une ville du Maroc. Les propos qu’y tiennent les protagonistes pourraient avoir été tenus sur la Canebière avec des accents de Pagnol et de Giono… L’universalité des situations évoquées renvoie à l’absurdité de notre condition… traitée ici avec humour parfois teintée d’ironie, mais toujours avec une très grande humanité. En quelque sorte des brèves de comptoir traitant des situations de la vie quotidienne et des relations avec l’administration, les fonctionnaires…
Toute la force de ces nouvelles tient dans le fait que mêlant la tradition orale du conte et la modernité des situations et des propos, le lecteur est emporté par l’histoire, qui ne s’encombre ni de discours ni de morale… jusqu’à la fin, lorsqu’après le plaisir commence la réflexion, plus grave peut-être.
Le lecteur ne pourra jamais oublier ce fonctionnaire marocain, ridicule dans un pantalon emprunté, qui réussit cependant sa mission devant la Commission européenne à Bruxelles. Pas plus qu’il n’oubliera cet édile d’une petite ville à l’intérieur du Maroc qui en l’absence de piscine se verra contraint d’inventer le concept de « natation sèche ». Il n’oubliera pas enfin ce jeune qui découvre qu’il est « né nulle part »… et surtout pas à Khzazna un deux janvier comme l’indique sa carte d’identité !
Un recueil de 9 nouvelles à lire absolument !
 
 
 Le Prix SGDL de la Nouvelle (SGDL = Société des Gens De Lettres) existe depuis 1984 et est doté de 3000 €. Il a déjà couronné Alain Gerber en 1984, Christiane Baroche en 1994 et… Fouad Laroui en 2004.
Le 30 Mai dernier le Prix SGDL de la Nouvelle 2013 a été attribué à « La fête sauvage » (Éditions du Chemin de fer » pour la première fois conjointement à une nouvelle isolée d’Annie Mignard et aux illustrations d’Emmanuel Tête… récompensant ainsi - à juste titre- le travail d’un éditeur, d’une nouvelliste et d’un graphiste.

 
Dans cette nouvelle, Annie Mignard  part d’un fait divers datant de 1981 : en Italie, près de Rome, un enfant de six ans tombe dans un puits, reste coincé trois jours et trois nuits avant de mourir sans qu’on puisse le secourir sous les yeux de millions d’italiens qui suivent pour la première fois un tel événement en direct sur les écrans de télévision.
Parallèlement au récit de la tragédie personnelle vécue par l’enfant et sa mère qui continue de lui parler pendant trois jours pour le rassurer, l’auteur analyse aussi la foule attirée par le malheur, présente comme un chœur de tragédie antique commentant les faits et propageant les rumeurs.
Brossant le double portrait d’une mère en piéta antique sortie d’un tableau de la Renaissance et d’une mère en piéta moderne assaillie par les micros et caméras (ce que soulignent les dessins de Emmanuel Tête) cette nouvelle atteint une dimension intemporelle et universelle. Hier, c’est aujourd’hui et c’est demain. Après avoir donné à un fait divers journalistique une épaisseur sociologique, elle permet d’entrevoir la vérité éternelle du mythe : celui de la terre mère qui réclame son dû de chair fraîche, celui du sacrifice d’un enfant au milieu d’une « fête sauvage ». (extrait d’Harfang N°42)




Le Prix Renaissance de la Nouvelle, créé par Carlo Masoni et Michel Lambert en 1991 et doté de 3000 €, est remis chaque année à Ottignies (Belgique). Depuis 1992, il a récompensé, entre autres, Annie Saumont pour « Les voilà quel bonheur ! » (Julliard) en 1994, Hubert Haddad pour « Mirabilia » (Fayard) en 2000, Marie-Hélène Lafon pour « Liturgie » (Buchet-Chastel) en 2003… Le jury est composé d’une demi-douzaine de nouvellistes belges et français.
Cette année, pour sa 22e édition, le Prix Renaissance de la Nouvelle a été remis à Roger Grenier pour son recueil « Brefs récits pour une longue histoire » (Gallimard).

 
Après une dizaine de recueils de nouvelles et au moins autant de romans et d’essais, Roger Grenier (94 ans) offre au lecteur 13 nouvelles légères et graves alternant des textes qui saisissent de brefs morceaux de vie comme cet épisode de la Seconde Guerre Mondiale où le jeune Olivier Marquis perd son pucelage, à la suite d’un quiproquo, en croyant participer à la « libération de l’Hôtel Matignon ! »… et d’autres brefs récits (plus éloignés de la conception traditionnelle de la nouvelle) qui brossent la longue histoire d’individus et de couples, de leur naissance jusqu’à leur mort. Qu’il s’agisse de la vie réduite ici à trois feuillets de Louis Marin, que son épouse Béatrice retrace « à son chevet »… Ou, en quatre feuillets, de la passion amoureuse qui a réuni toute leur vie Jean-François Privat et Geneviève Passin malgré leur mariage respectif… Ou encore en six feuillets, toute la vie tumultueuse de Blanche Moulin « vamp, dompteuse de tigres et bonne de curé » dont voici l’incipit pour le moins paradoxal : « Ceci n’est pas tout à fait une nouvelle, plutôt un roman en raison de l’abondance des péripéties. Mais ce n’est pas davantage un roman, puisque tout est vrai dans cette histoire… ».              Histoires, récits, romans… peu importe les appellations quand il s’agit de bonnes nouvelles !
 

 
Le Prix Boccace (du nom de l’écrivain italien auteur du recueil de contes « Le Décaméron » vers 1350, considéré comme le précurseur du genre de la nouvelle) a été créé en 2011 par l’Association « Tu connais la Nouvelle ». Il est doté de 2500 € et est soutenu par le Conseil Général du Loiret. Ont déjà été primés : en 2011 Frédérique Clémençon pour « Les petits » (L’Olivier) et en 2012 Serge Pey pour « Le trésor de la Guerre d’Espagne » (Zulma). L’originalité de ce Prix réside dans son fonctionnement puisqu’un premier choix est effectué par un comité de sélection composé d’une demi-douzaine de nouvellistes (cette année C. Baroche, J.-M. Blas de Roblès, D. Daeninckx, V. Engel; H. Le Tellier… entre autres, qui ont proposé cinq recueils finalistes, sur les trente deux présélectionnés). Le choix final est le travail d’un comité de lecture composé de bénévoles.
Le 9 juin dernier, au Château de Chamerolles, près de Saint Jean de Braye (45), le troisième Prix Boccace a été remis à Arnaud Modat pour son recueil « La Fée Amphète » (Éditions Quadrature).

 
Arnaud Modat fait partie de ces auteurs qui ont fait leurs premiers pas sur la toile, notamment sur les forums consacrés à la nouvelle… Tout comme Lunatik avec « Tous crocs dehors » qui a obtenu le Prix Inter’Halles en 2012 et qui est éditée aussi chez Quadrature. Tous deux appartiennent à une nouvelle vague de nouvellistes pour lesquels la composition, l’unité d’ensemble sont sans doute secondaires au profit d’une narration plus forte et plus rythmée et d’un style plus baroque, qu’il faudra plutôt orthographier « bas rock ». Car ils font entendre là une autre musique, une nouvelle musique…
Certes, ce recueil de onze nouvelles est quelque peu déjanté…Il est vrai qu’on y croise des êtres étranges : un type qui rencontre la « Fée Amphète » sur une piste d’auto-tamponneuses dont il cherche en vain la sortie... et qui se shoote à la barbe à papa (parce que « le prix au kilo de la barbe à papa est supérieur à celui de la cocaïne »… et qu’ainsi il fait des économies !).
Le lecteur est prévenu, s’il lit la quatrième de couverture : « nombreux sont les textes qui prêtent à sourire, mais le recueil ne sera pas remboursé en cas de suicide au gaz. Certaines nouvelles peuvent contenir des résidus de cynisme et des traces de noisette en quantités infimes ».
 
 

Le Prix Litter’Halles est le petit dernier de cette liste… le plus récent aussi puisque sa première édition en 2012 a couronné le recueil de Lunatik « Tous crocs dehors » (lire nouvelle et entretien dans Harfang N° 41). Il est organisé par une association de Decize et est doté de 700 €. Le mode opératoire est innovant puisqu’il n’y a aucun juré professionnel parmi les 65 membres composant les 9 comités de lecture qui sélectionnent dans un premier temps une trentaine de recueils parus dans l’année (36 en 2012), pour ne retenir dans un deuxième temps que sept finalistes… avant de désigner le lauréat.
Cette année, le 5 mai dernier, Lunatik a symboliquement passé le relais au lauréat 2013: Patrick de Silva pour son recueil « À la guerre » (L’Amourier).
 
Ce sont d’abord trois récits en triptyque comme les trois volets d’une tragédie qu’est la guerre, la première ou la seconde, n’importe quelle guerre. Et il y a ceux qui meurent à la guerre, mais il y a pire pour ceux qui survivent à la guerre : les hommes qui en reviennent blessés, « gueules cassées » et autres mutilés de la vie, sans oublier les femmes qui en subissent les conséquences… et finalement les familles entières qui explosent littéralement.
Ce sont aussi trois confessions faites longtemps après les événements. Leur violence fait écho aux horreurs de la guerre. D’abord la confession d’un enfant bâtard, qui l’été de ses « dix ans », voit la guerre, puis l’Occupation et qui voudra venger sa mère tondue à la Libération. Puis celle posthume d’un frère, infirme de naissance, qui avoue avoir « donné » Tania la fiancée de son frère entré en Résistance (« Confession » qui n’est pas sans rappeler celle que Marguerite de Thérelles fait à sœur au moment de mourir dans la nouvelle de Maupassant). Celle enfin qui constitue le panneau central et le joyau de ce recueil, long monologue (50 pages) d’une seule « coulée » de paroles où une femme se délivre en révélant toutes les violences subies dans sa vie, depuis le retour de guerre de son mari, comme autant des bombes à retardement : défiguration au vitriol, meurtre, suicide, inceste, avortement… Face à un prêtre qui reste silencieux  dans l’ombre, c’est pour elle le seul moyen pour retrouver un peu de bonheur de vivre « au soleil ».
Ce sont finalement trois destins auxquels P. da Silva a su donner une langue, un souffle et une force rares.

 Si les Prix les plus anciens sont aussi les plus connus, nous constatons qu’ils sont le choix de jurys professionnels et que les Prix plus récents mêlent écrivains et lecteurs, certains proposant même des jurys entièrement composés de lecteurs bénévoles.
Les palmarès montrent une belle alternance entre les nouvelles plumes à découvrir et les plumes déjà reconnues.
Nous attendrons les Prix distribués à l’automne pour conclure :
-          Le Prix de la Femme renarde qui sera remis le 8 Septembre à Lauzerte (82) : cinq recueils sont déjà sélectionnés pour la finale.
-          Le Prix Ozoir’elles (jury de lectrices d’Ozoir et de six femmes écrivains) qui sera remis le 26 octobre à Ozoir (77). 
-          Les Prix d’automne de la SGDL, notamment avec la première édition du Prix du premier recueil, créé par Christiane Baroche (doté de 2000 €).

Mais d’ores et déjà, on peut dire que le cru 2013 est de qualité et que ce millésime présente des thématiques et des écritures très variées, des conceptions très différentes de la nouvelle et du recueil et de nouvelles tendances très intéressantes à découvrir.
Voilà donc des prix de valeurs et des recueils de premiers choix… qui sont autant de conseils de lectures à déguster dès maintenant… mais aussi des « valeurs sûres » à conserver et à suivre dans les années à venir.

vendredi 7 juin 2013

« NOUVELLES SANS FRONTIERES » : découvrez tous les pays du monde en « miniatures »

À la veille de l’été, des vacances (pour certains…), vous rêvez de voyage dans un pays lointain, d’un séjour dans une île (forcément) paradisiaque… Vous préparez déjà les valises et les sacs à dos. Et pour avoir des nouvelles du pays, vous parcourez les journaux, vous surfez sur internet, vous dévorez les guides touristiques, vous lisez les carnets de voyages…
Soit… mais surtout n’oubliez pas de suivre le conseil d’Harfang, oiseau voyageur qui ne se contente pas de planer sur les plaines enneigées du grand nord, n’oubliez pas les « miniatures », n’oubliez pas de lire les « nouvelles » du pays que vous allez découvrir !
 
 Si vous avez décidé de partir demain au soleil de la Méditerranée… et que vous choisissiez la Tunisie… Alors, dès ce soir s’il vous reste un peu de temps, demain dans l’avion… ou au plus tard sur place, assis en bord de mer ou de piscine, lisez les « nouvelles de Tunisie » (le dernier sorti des éditions Magellan & Cie) : vous y croiserez le Pape et le Barbu, vous y prendrez le petit train de bois qui reliait Tunis à La Goulette, vous revivrez comme si vous y étiez la Tunisie traditionnelle, celle d’avant le 10 décembre 2010 et  vous vivrez aussi celle d’après, celle du Printemps tunisien, devenu « printemps arabe »… à travers 5 nouvelles signées I. Bassalah, L. Ben Mhenni, Y. Manai, H. Selmi, M. Zetlaoui…
Si la Tunisie ne vous attire pas, vous pouvez toujours lire les « nouvelles d’Algérie » ou les « nouvelles du Maroc »… Vous pouvez aussi faire le tour de la Méditerranée (tout en restant dans votre chambre) en lisant les « nouvelles de Catalogne, d’Israël, du Liban ou de Turquie »... Mais vous pouvez aussi plonger en Afrique Noire avec les « nouvelles du Cameroun, du Mali, du Sénégal ou du Soudan »…
 
Mais peut-être préférez-vous les îles lointaines ? Alors découvrez les « nouvelles d’Haïti, de la Guadeloupe, de l’île Maurice »… Peut-être choisirez-vous les « nouvelles de la Réunion » (une autre nouveauté des éditions Magellan & Cie)… où se mêlent l’Europe, l’Asie et l’Afrique : sous la plume de 6 nouvellistes (M. Agenor, F. Dijoux, I. Hoarau, M. Merabeb, J.-F. Samlong, M. Severin) vous découvrirez ce monde « miniature », cette île-monde ainsi que la diversité des hommes et des femmes, la beauté des paysages avec ses volcans, ses forêts et ses plages, la richesse de sa faune et de sa flore…
Et si ces îles du Sud vous semblent trop exotiques, choisissez des destinations plus proches avec les « nouvelles de Corse »… ou plus septentrionales avec les « nouvelles d’Islande » (où vous aurez la chance de croiser quelques harfangs, cousines et cousins de notre harfang fétiche).
 
Dans tous les cas, que vous choisissiez de rester chez vous ou de partir, quelle que soit votre destination préférée… pour vous dépayser, pour partir à la découverte d’autres mondes, lisez les « nouvelles » de la collection « Miniatures » dirigée par Pierre Astier aux éditions Magellan & Cie, en partenariat avec Courrier International.
 
À chaque fois, ce sera pour vous l’occasion de faire connaissance avec un pays, avec ses habitants, avec leur langue, leur histoire, leurs coutumes, leurs rêves, leurs luttes, leurs drames, leurs joies…
« Miniatures » : le meilleur moyen découvrir tous les pays du monde… grâce aux « nouvelles sans frontières ». Vous avez déjà le choix entre 25 destinations différentes… 25 identités à découvrir dans leur richesse et leur diversité. N’attendez pas…

Editions Magellan & Cie

34 rue Ramey 75018 PARIS

mercredi 24 avril 2013

HARFANG (N°42) arrive avec le printemps !


Avec l’arrivée du printemps,
voici des nouvelles fraîches…
à lire au soleil !
 
 
Commencez par quatre séances égales en durée et en intensité avec quatre auteurs qui se livrent à travers un bref entretien (limité à quatre questions-réponses pour cerner l’essentiel, pour éclairer le lecteur sans retarder le plaisir du texte) et qui livrent parallèlement des inédits qui évoquent des hommes et des femmes : pour Sébastien Brebel c’est le portrait d’une femme qui attend derrière une « baie vitrée » ; pour Simonetta Greggio c’est l’histoire d’une rupture avec Antoine dans « Il pleuvait quand je suis partie » ; pour Éric Holder c’est la rencontre au « grand large » avec Marie-Pierre ; enfin pour Marie-Hélène Lafon c’est le portrait de « Joseph », ce paysan qui sera au centre de son prochain roman !

Puis faites une petite pause pour découvrir la traduction d’une nouvelle d’Ersi Sotiropoulos qui vient de recevoir le Prix du Meilleur recueil de nouvelles en Grèce.

Ensuite, prenez le temps de découvrir ce qui se passe « après » la catastrophe avec K. Battaiellie ou « dans mon pays en guerre » avec R. Penblanc ; de reconnaître un certain Houellebecq qui se cache dans « l’itinéraire d’un écrivain gâté » de F. Evrard ou un certain Camus dans « un homme » de J. Thibault…

Cerise sur le gâteau : dégustez les meilleures micro-fictions de l’année 2012 signées G. Heureux, F. Germanaud, J.-J. Nuel, H. Veyssier, D. Birnbaum…

Enfin, n’oubliez pas de vous informer en consultant les 20 pages d’actualités de la nouvelle (sites et blogs, recueils édités, revues, prix et concours…)

HARFANG N°42 : 12 € (franco de port) à l’adresse de la revue

samedi 2 mars 2013

Meilleure Micronouvelle 2012

Fin du suspense et de la compétition entre les 10 micronouvelles de l'année 2012 publiées dans notre rubrique "100 mots pour le dire" :
 
"La Messe" a été choisie comme la micronouvelle de l'année 2012 ! *
 
 L'heureuse gagnante, Gaëlle HEUREUX,  recevra un abonnement d'un an à la revue Harfang et son texte (ainsi que les 4 autres nouvelles finalistes)
sera publié dans le prochain numéro d'Harfang (à paraître en Mai)
 
* Le modérateur signale que  parmi les nombreux votes recensés,
seuls les commentaires signés et authentifiés ont été publiés sur le blog
 
La compétition continue en 2013 !
Adressez nous vos micronouvelles 
et ne restez pas "sans mot pour le dire" !
 
Et sans faire l'apologie du "Small is beautiful",
 nous vous conseillons quelques lectures :
 
Histoires Jivaro de Luc Michel Fouassier (éditions Quadrature, 2008)
Histoires secrètes de Pierre Autin-Grenier (réédition La Dragonne, 2013)
Courts métrages de Jean Jacques Nuel (édition Le Pont du Change, 2013)

 


 

mercredi 27 février 2013

Coup de coeur de l'hiver : "Dix rêves de pierre" de Blandine Le Callet


Parmi les nombreux recueils parus ces deux derniers mois et arrivés dans la boîte à lettres d’Harfang, notre chouette fétiche a eu un coup de cœur pour le recueil de Blandine Le Callet…
 
 
 
Dix rêves de pierre, Blandine Le Callet, Stock, 254 pages, 18 €
 
La forme lapidaire de certains faits divers (« les nouvelles en 3 lignes » de F. Fénéon en étant la forme la plus aboutie) a permis à beaucoup de nouvellistes de révéler et de développer quelques « vies minuscules ».
Dans un registre proche, B. Le Callet a choisi de collecter quelques épitaphes dont la puissance d’évocation l’a poussée à écrire la légende de dix rêves de pierre et à faire surgir les fantômes d’hommes et de femmes disparus depuis des siècles…
Chaque dalle funéraire n’est-elle pas une couverture de pierre refermée sur une vie ? Quelques mots inscrits sont comme le résumé d’une histoire. Quelques mots qui donnent envie d’en savoir plus : il suffit alors d’ouvrir et de feuilleter les pages. Quelques mots seulement pour ressusciter les morts et rappeler quelques moments forts de leur vie.
Ainsi au IIè siècle en Turquie, Thrason élève une stèle en mémoire de ses deux fils et d’Hermès leur précepteur qui est mort en protégeant les deux enfants lors d’un tremblement de terre alors qu’à Lyon Pompeius Catussa élève un tombeau à la mémoire de son épouse incomparable, Blandinia, jeune femme innocente morte à l’âge de 18 ans, 9 mois et 5 jours
Dans la cathédrale de Rouen en 1103, on enterre Sibylle qui meurt empoisonnée par les « amandes amères » et la jalousie de Robert, son  mari de retour de Croisade… tandis que dans l’église Saint Jean de Grève, « gisent le frère et la sœur », Julien et Marguerite, accusés d’inceste et d’adultère, exécutés en Place de Grève à Paris en 1603.
Au XIXè siècle, un certain Jacques Jouet, bon époux bon père, grand philanthrope, meurt par hasard dans une maison de passe dont la patronne lui avait promis de financer ses bonnes œuvres : il repose au cimetière du Père Lachaise. Et en Isère, on s’incline devant un « ange au ciel » et devant les hortensias sous lesquels tous les enfants nés avant terme à 7 mois de grossesse sont enterrés sans épitaphe !
Enfin en ce début de XXIè siècle que dire devant cette formule gravée dans la pierre : « Maman tu as semé la zizanie entre tes enfants. Repose »… sinon qu’il faut toujours faire attention aux petits carnets que l’on laisse derrière soi !
De la plus ancienne à la plus récente, ces dix nouvelles historiques ont en commun d’être souvent révélatrices d’une époque, avec ses croyances, ses problèmes, ses mœurs… Dix nouvelles comme dix peintures de genre où une présence animale, quelque chien jaune, chiot ou autre bâtard affectueux est à la fois le témoin, le messager de mauvaise augure et aussi la signature vivante qui authentifie la scène comme le faisaient certains peintres des siècles passés.
Décidément, ce recueil est un cimetière virtuel plein de vie !
Un recueil remarquable que les prix à venir devraient bien récompenser…
Joël Glaziou

vendredi 21 décembre 2012

dimanche 2 décembre 2012

Votez pour la meilleure "micronouvelle" 2012

La formule de notre rubrique "100 mots pour le dire" (à lire dans la colonne gauche ci-contre) a été plébiscitée dès son lancement en janvier dernier.
Merci à toutes celles et à tous ceux qui nous ont adressé leurs textes (100 mots maximum impérativement... sinon, ils sont éliminés). La progression en cours d'année a créé une véritable compétition... De quelques envois mensuels en début d'année, on est passé rapidement à quelques dizaines !
Les textes sont variés, tant par les sujets abordés que par les styles !
Devant ce succès, l'aventure continuera en 2013 !
Mais d'ici là, nous vous proposons d'élire la meilleure "micronouvelle" de l'année 2012 : au final, une publication dans le numéro 42 d'Harfang au printemps et un abonnement à la revue... c'est un minimum !
A vous donc de relire les 11 "micronouvelles" de l'année et d'élire celle qui a votre préférence.
 
1 Janvier          Anne DECKERS                    "Une petite fille..."
2 Février          Gwen BILHED                      "Cent mots pour le dire"
3 Mars             Jean-Jacques NUEL               "Le bureau d'admission"
4 Avril             Sarah CUQUEMELLE           "L'écureuil"
5 Mai               Frédérique GERMANAUD    "La bibliothèque"
6 Juin               Hélène VEYSSIER                 " Le Temps"
7 Juillet-Août   Gaële HEUREUX                    "La messe"
8 Septembre    Jean-Jacques NUEL                 "Post-cure"
9 Octobre        Jacques COURTIN                  "Le mot voyageur"
10 Novembre  Jean-Marie CUVILLIEZ          " L'oiseau mécanique"
11 Décembre   Daniel BIRNBAUM                " Embûches"
 
A vous de voter dès maintenant et avant le 1er Mars 2013, en mentionnant votre choix
(mois, auteur et titre) en commentaire ci-dessous.
Afin d'éviter les votes anonymes répétés sur un même titre,
seuls les votes parfaitement identifiables (par leur profil)
seront retenus et publiés.
Merci... et que le meilleur gagne !

mardi 27 novembre 2012

Eric HOLDER : Prix Ozoir'Elles 2012

Pour sa cinquième édition, le Prix Ozoir’Elles 2012  a été décerné à Éric Holder
pour son recueil Embrasez-moi (aux éditions Le Dilettante).
(Photographie Luc-Michel Fouassier)
L’originalité de ce prix réside dans la composition d’un jury entièrement féminin, qui comprend des lectrices d’Ozoir (à gauche sur la photo) et des auteures de renoms ( à droite sur la photo) :
Simonetta Greggio (Présidente), V. Bedos, A. Eliard, V. Genest, M. Méril, C. Schneck
Les Jurées du prix Ozoir'elles, autour du Maire d'Ozoir, M. Onetto (au centre)  et Eric Holder (au fond)
Parallèlement, le palmarès du Prix de la Nouvelle 2012, présidé cette année par Véronique Bizot a été établi (à partir des 230 nouvelles qui ont participé à cette septième édition) de la manière suivante :
1 Des livres et moi              d’Alain Dhotel
2 Dans la cage du rat         de Corinne Valton
3 My(stein)way                   de Chantal Le Guillou

jeudi 22 novembre 2012

Salon d'OZOIR la Ferrière (77) : Harfang est au rendez-vous

Sixième édition du Salon d'Ozoir...
et sixième participation de la revue Harfang
qui a cette année encore répondu présent.
Si nous sommes fidèles à cette manifestation depuis 2006,
c'est qu'elle offre une bonne et rare occasion de se rencontrer
à tous les amateurs de bonnes nouvelles
(auteurs, éditeurs, revuistes...) .
Rendez-vous donc sur le stand  
où vous pourrez trouver les publications de l'année :
les numéros 40 et 41, le numéro Hors Série pour les 20 ans...
sans oublier les anciens numéros (soldés pour l'occasion) 
 
En 2010, sur le stand Harfang, Sylvie DUBIN (Prix de la Nouvelle 2010) en grande discussion avec Gaëlle PINGAULT
 
Et comme pour les éditions précédentes,
nous présenterons le recueil primé cette année à Angers 
"Coup de sang sous les flamboyants" de Marie PONTACQ
(Prix 2012 de la Ville  d'Angers) !
 


Ce sera aussi l'occasion de connaître le lauréat du Prix Ozoir'elles qui récompense un recueil paru dans l'année et les lauréats du Concours de nouvelles organisé en parallèle pour l'occasion.
 
Rappelons que ce salon du livre... est principalement consacré à la nouvelle, aux nouvellistes, aux revues et aux éditeurs de nouvelles  !
 
Alors venez nombreux !
 



samedi 10 novembre 2012

Marie PONTACQ : Prix de la Nouvelle 2012

Jeudi 8 Novembre, 19 heures, à la Bibliothèque Municipale d'Angers...
 
Affluence dans la salle de lecture et de réception du premier étage.
Un peu de fébrilité aussi...
Après un petit quart d'heure de suspense, le voile est enfin levé sur l'identité du lauréat 2012 et sur le titre du recueil primé pour cette quatrième édition du prix de la Nouvelle d'Angers !
En fait de lauréat, il s'agit d'une lauréate... Marie PONTACQ pour son recueil "Coup de sang sous les flamboyants".
Marie PONTACQ, après avoir vécu une dizaine d'années en Inde, habite actuellement en Bretagne où elle travaille dans la traduction littéraire et écrit, notamment des ouvrages pour la jeunesse. Son dernier roman "Le Mystère du sari rouge" (éditions du Jasmin) est en compétition pour le Prix Incorruptibles 2012-2013.
 
Passage de relais

Marie PONTACQ au centre, entourée de Sylvie DUBIN, lauréate 2012,
d'Anne LEBEUGLE à droite et des membres du Jury

Symboliquement, la lauréate a reçu des mains de Sylvie DUBIN (lauréate 2010) 20 exemplaires de son recueil édité par SILOË dans sa collection "îlot" en présence, entre autres,  de Marc Nagel, éditeur, Anne Lebeugle, adjointe à la Culture, repésentant la Municipalité de la ville d'Angers et de tous les membres du jury.
 
 
S. Dubin a rappelé ce qui a retenu l'attention du jury. En premier lieu, l'unité qui préside à la composition du recueil, avec d'une part la présence de l'Inde ("L'Inde est au rendez-vous" selon la formule finale de la première nouvelle "Special tea"*) qui ne se réduit pas à un simple décor exotique, et d'autre part avec la thématique de la rencontre avec l'autre, avec l'étranger (6 nouvelles sur 7 sont racontées d'un point de vue d'un(e) occidental(e) atteint(e) du "syndrome de l'Inde" quand "L'Inde lui sort pas les trous de nez" selon l'expression dans "Niligri express").
 
Un bon cru millésimé !
 
En lecture apéritive, Marie PONTACQ a lu une courte nouvelle intitulée "Sur le chemin" qui a bien donné le ton, les couleurs et le goût de l'Inde.
Il  ne restait plus alors qu'à partager ce plaisir de la lecture du recueil dans son intégralité avec le plus grand nombre de lecteurs...
 
La lauréate s'est livrée  ensuite au plaisir de la dédicace.
Pour reprendre la formule d'un juré, qui tenait le recueil d'une main et un verre de vin d'Anjou de l'autre, tout en attendant sa dédicace, ce Prix 2012 est donc un bon cru millésimé, à faire connaître au plus grand nombre. Qu'on se le dise !
 
 * Pour découvrir Marie PONTACQ, on peut lire l'entretien exclusif sous l'onglet "Rencontres"
... et dans Harfang 41, suivi de la nouvelle "Special tea"


On peut aussi lire le compte-rendu : 
dans Ouest France du Samedi 10 novembre 
http://www.ouest-france.fr/actu/actuLocale_-Marie-Pontacq-recoit-le-Prix-de-la-Nouvelle-d-Angers-_49007-avd-20121110-63969497_actuLocale.Htm
et sur le site de "Maux d'auteurs"
  http://mda.xooit.com/t3975-Prix-de-la-nouvelle-d-Angers.htm

dimanche 21 octobre 2012

Remise du Prix de la Nouvelle 2012 le jeudi 8 novembre




Qui succèdera à Patricia Chauvin-Glonneau, Prix 2006 pour "Au gré des îles det des fantasmes"...
à Marc Bénard, Prix 2008 pour "Vestiges du déchirement"...
à Sylvie Dubin, Prix 2010 pour "Selon elles" ?
 
Pour cette quatrième édition,
le voile sera levé avec la présentation du recueil (publié aux éditions Siloë) et de son auteur(e)
 
le jeudi 8 novembre à 19 heures
à la Bibliothèque Municipale d'Angers (49, rue Toussaint)
 
Vous êtes tous invités à venir partager cet événement

lundi 1 octobre 2012

Les Prix de la Nouvelle 2012... dans HARFANG N°41 !

 

"Automne : saison morne où alternent pluies et tempêtes et où 'tombent' plus de prix littéraires que de feuilles des arbres..." 

Al Guazil, "Le Prix Palimpseste... de A à Z " in Harfang N°19

Tel était l'incipit de cette nouvelle oulipienne et ironique qui date de 2001 mais qui reste toujours d'actualité... en 2012 !
Avant l'annonce des Grands Prix récompensant les romans, n'oublions pas la distribution automnale des Prix de la Nouvelle : celui de la SGDL, celui d'Ozoir "Ozoir'elles" en Novembre et surtout "notre" Prix de la Nouvelle d'Angers qui sera remis à la Bibliothèque Municipale d'Angers le jeudi 8 Novembre à 19 Heures précises (vous êtes tous invités !)...
La revue HARFANG en profite pour consacrer son numéro 41 aux  lauréats 2012 des différents prix attribués à ce jour.
Ainsi on trouvera au sommaire :

- Didier DAENINCKX, Prix Goncourt de Nouvelle 2012, pour son recueil "L'espoir en contrebande" ( Le Cherche-Midi) avec un entretien et "Danko" une nouvelle inédite.


- LUNATIK, Prix Inter'halles 2012 (décerné pour la première fois à Decize) pour son recueil "Tous crocs dehors" (Quadrature) avec un entretien et une nouvelle inédite.

 
- également un entretien avec le lauréat du Prix de la Nouvelle d'Angers 2012 et une nouvelle extraite du recueil primé...

-  ainsi qu'une nouvelle extraite des 3 autres recueils finalistes.

Parallèlement, on rappelera les autres Prix de la Nouvelle distribués depuis le début de l'année 2012 :

- Prix Renaissance 2012 : Christine MIRJOL pour "Les petits gouffres" (Mercure de France)



- Prix Boccace 2012 : Serge PEY pour "Trésors de la guerre d'Espagne" (Zulma)

 

- Prix de la Femme Renard  2012 à Lauzerte : Dominique PARAVEL pour "Nouvelles vénitiennes" (Serge Safran)... déjà Prix Thyde Monnier 2011 à la SGDL !


Alors rendez-vous le 8 novembre pour la proclamation du palmarès 2012 du Prix de la Nouvelle d'Angers, pour la sortie du recueil primé aux éditions Siloë et du numéro 41 de la revue Harfang... !
D'ici là, résistez à la vague de romans de rentrée... et lisez des recueils de nouvelles !


Le numéro 41 d'Harfang, on en parle dans la presse et ailleurs  :

vendredi 7 septembre 2012

Coup de coeur de l'été : F. GERMANAUD et B. CAMUS

"-  Que faisiez-vous au temps chaud ?
- Nuit et jour à tout venant
je lisais, ne vous déplaise !
- Et que lisiez-vous donc ?



- Outre les 4 recueils finalistes du Prix de la Nouvelle d'Angers 2012...
outre les "petits polars du Monde" (13 nouvelles publiées en petit format par le Monde chaque semaine pendant l'été, signées entre autres par Daeninckx, Granotier, Pelletier, Pelot, Pouy, Quint, Villard...), j'ai dégusté le premier recueil de 2 nouvellistes :
- Frédérique Germanaud pour "La chambre d'écho" aux éditions L'escampette (dont Harfang avait publié "Le silence des hérons" dans son numéro 36)
- Benoît Camus pour "Import Export" aux éditions Jacques Flament (dont Harfang avait publié "Lampedusa" dans son numéro 33)
Deux petits bijoux à lire sans attendre. Qu'on se le dise !


La chambre d’écho, Frédérique Germanaud, L’Escampette, 128 p. 14 €
 
Pour son premier recueil, F. Germanaud a choisi de brosser le portrait de cinq solitaires, de ceux qui ont choisi de se dépouiller du poids de la vie urbaine pour se retrouver dans le silence face à eux-mêmes et à la nature. « Mise à l’écart volontaire » de celui ou celle qui « regarde le monde sans être vu », qui s’efface et se fond dans le paysage jusqu’à devenir transparent. Retiré en ces lieux d’oubli, chacun aiguise ses sens, l’observation précédant toujours la réflexion. C’est vrai pour ce parisien, qui vient passer quelques « jours de sable » pour se refaire une santé dans une maison à la frontière du désert algérien… Pour ce pêcheur au carrelet isolé dans sa cabane de la côte atlantique… Pour ce passeur qui a quitté son navire pour jeter l’ancre sur une île plantée de saules…Pour cette exilée venue tenir son « rouge café » sur une île de Loire… Ou  encore pour ce vieil écrivain (Julien Gracq ?) qui passe sa retraite face au « silence des hérons ».
 
Sans doute, F. Germanaud n’a-t-elle fait que croiser ces solitaires… Sans doute, les a-t-elle observés sans leur parler… Sans doute ont-ils en commun de trouver dans le lieu -toujours situé à la lisière, à la frontière de deux mondes (maison, cabane, île ou chambre…)-  un équilibre entre le monde extérieur et leur monde intérieur… qui résonne alors comme une « chambre d’écho ». Mais au-delà de l’observation, l’imagination a permis à la narration et aux descriptions de se développer en écho avec ce qu’elle ressentait elle-même.

Car ces cinq portraits alternent avec des textes où l’auteur -par un retour sur elle-même - se livre de manière plus personnelle en évoquant des souvenirs d’enfance et offre aussi les éléments permettant de comprendre la genèse de chacun des textes. Où l’auteur livre aussi ses références littéraires (Follain, Vernet…) et picturales (Debré, Soulages…). Où l’auteur enfin livre  ses réflexions sur l’écriture et montre son souci de trouver le mot juste, de nommer chaque fleur, chaque plante, de chercher la poésie des mots.

Là résident sûrement l’originalité et la réussite de ce recueil, qui est d’avoir su trouver un juste équilibre entre des genres souvent considérés séparément : la nouvelle, l’essai et la poésie.
 
 
Import-Export, B. Camus, Jacques Flament éd., 148 p., 13 € 90
 
Les êtres humains sont-ils des marchandises, comme pourrait le laisser supposer le titre de ce recueil et comme le montrent certains faits divers à la une des médias ? Depuis 2007, Benoît Camus (dont la première nouvelle « Lampedusa » publiée dans le N°33 ouvre le recueil) collectionne ces drames quotidiens : exilés ou émigrés contraints de quitter leur pays, clandestins traversant les frontières souvent arrêtés ou refoulés, sans papiers frappant aux portes de nos pays qui  leur semblaient un eldorado…  La liste est longue et nous est connue : la répétition des comptes-rendus journalistiques les noie dans l’anonymat des foules ! Mais loin de cela, B. Camus donne un nom et un visage aux hommes et aux femmes dont il raconte l’histoire, la quête personnelle… Loin de tout manichéisme, il montre la complexité de chaque cas, il démonte la logique du clandestin tout comme celle du policier, du passeur, celle du marin ou du camionneur.

Même si la plupart du temps, il s’agit bien d’un commerce pour acheter le « passage »… on se demande s’il n’y a pas tromperie sur la marchandise. L’un fuit un monde de misère… pour un monde de richesse : mais n’est-ce pas un mirage ? L’autre part à la recherche d’une vie meilleure…  mais cela vaut-il de perdre la vie ? D’autres fuient un monde d’exploitation pour plus de liberté… soit, mais que faire, sans papier, en pays étranger ? Ainsi deux survivants de l’enfer qui, passant de Birmanie en Thaïlande, s’échappent de leurs travaux forcés et enfin libres… se demandent : « On va où maintenant ? » 

Ce faisant, B. Camus nous plonge au cœur des tragédies de notre époque moderne, dans la conscience des marins se demandant s’il faut jeter les clandestins par-dessus bord, dans celle du policier s’interrogeant sur la nécessité d’arrêter ceux qui franchissent la frontière. Ni discours, ni morale de la part de l’auteur, certaines nouvelles se terminant non par la chute fatale… mais par une ouverture sur un avenir incertain !
 
Joël Glaziou