« Passer en revue »
les différents visages de la nouvelle francophone contemporaine pourrait être
la bonne formule pour qualifier la richesse et la diversité des textes qui sont
au sommaire de ce numéro 68 de la revue Harfang.
En
ouverture, Leïla Sebbar (une
habituée d’Harfang avec 7 participations) parle d’un « Balcon pour les femmes » dans les mosquées, revisitant
pour les jeunes d’aujourd’hui les histoires de Majnoun et Leïla ou de Roméo et
Juliette.
Philippe
Pichon, poète, romancier,
nouvelliste qui vient de publier 2 recueils intitulés Courts Lettrages (mais aussi ex-flic
-lanceur d’alerte- destitué pour avoir dénoncé certaines pratiques policières) et
dont « Pierre à l’estomac »
raconte une histoire de vengeance.
Jean-Yves
Dupuis pour sa première
publication propose un « conte
hortico-musical » très original (par son sujet et par son style)
autour des « Quatre (herbes) de
Provence » menées devant un tribunal de l’Inquisition pour y être
jugées dans les années 1200…
Dans
la rubrique « Nouvelles sans
frontières », une première avec la traduction de l’ouzbek (par P. Nishonov) de la nouvelle de K. Dustmuhammad « Très Honoré Monsieur le Bourreau » qui revient sur
l’invention française du docteur Guillotin
et son utilisation de 1792 à 1977 !
Comme souvent en passant d’une nouvelle à l’autre, le lecteur voyage ainsi dans le temps et l’espace.
D’abord
avec le belge Christophe Bertiau
qui fait revivre « la mémoire de
Gucheng » dans la Chine des
empereurs Qin.
Puis
avec Jean-Michel Binsse qui
rappelle le jour de 1858 où « La
Clémence quitte le port » de Pondichéry, marquant ainsi le départ des
français de la Compagnie des Indes laissant la place aux anglais de l’East
India Company.
Ensuite
avec Marie-Pierre Emery dont « L’idiot inutile » rappelle
avec beaucoup d’humour et d’ironie les pratiques absurdes qui permettaient
d’obtenir (ou non) le permis de conduire à Hanoï dans un Vietnam
révolutionnaire.
Et
avec Laurent Gagnepain qui dans « L’oubli et le labyrinthe »
fait visiter entre l’aleph et le zahir un jardin tout droit sorti d’un conte de
J. L. Borgès.
Enfin
avec Tarik Hamidouche qui raconte
le fragile équilibre à trouver entre les bergers et les loups quand « le sauvage veille encore ».
Donc
variété de nouvelles, de nouvelles historiques, de contes… mais aussi de nouvelles
brèves avec Anne-Sophie Givry,
Lilian Marchand et Clara Monte et même les 3 meilleures micro-nouvelles
en 100 mots de l’année 2025 avec Marie Derley,
Jo Alguazil et Laurence Cannet
Sans
oublier, bien sûr, toutes les informations sur le petit monde de la nouvelle
dans le Nouvellaire d’Harfang : recensions des recueils récents, des
revues, des prix et concours…
Harfang
N° 68, 114 pages 12 €
Chèque
à l’ordre d’Harfang
13bis
avenue Vauban 49000 ANGERS


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