lundi 16 mars 2020

BONNES NOUVELLES EN PERIODE D'EPIDEMIE


En cette période d’épidémie, la littérature peut-elle nous aider… ?
Rappelons-nous d’abord que depuis l’Antiquité de grandes œuvres commencent par des situations dramatiques où les bacilles, les microbes et les virus sont les principaux acteurs dont les lois fatales dictent la mort des hommes par centaines, par milliers, par millions !
 

Tous les genres littéraires s’en font l’écho, du théâtre de Sophocle  avec « Œdipe roi » dès le Ve siècle (av J. C.), des contes et des fables comme « Les animaux malades de la peste » de La Fontaine jusqu’aux romans modernes de Camus avec « La peste » en 1947, de Giono avec « Le hussard sur le toit » en 1951, ou plus récemment de Saramago avec « L’aveuglement » en 1995 ou d’Hervé Bazin avec « Le neuvième jour » en 1994 qui racontait la « surgrippe » survenue après la fuite d’un virus hors d’un laboratoire…
 


 
… et bien sûr des nouvelles (qui nous intéressent ici en premier lieu) et non des moindres, d’Edgar Poe avec « Le masque de la Mort Rouge » et de Jack London avec « La peste écarlate » en 1913…
 

Alors en période de crise, si l’on n’appréhende pas de parler de l’épidémie, du confinement et de toutes les conséquences sur les hommes et les sociétés, les bonnes nouvelles ne manquent pas… pour s’informer, pour se rassurer, pour relativiser !

 
 
…mais enfin et surtout comment ne pas parler du recueil magistral qui marque la naissance même du genre au XIVe siècle en Italie avec le « Décaméron » de Boccace où dix jeunes florentins (7 femmes et 3 hommes) fuient la peste noire qui sévit à Florence en 1348 pour s’isoler à la campagne et se raconter chacun une « histoire » pendant dix jours de confinement !
 


Alors à notre tour, pourquoi ne pas en faire autant… et pas uniquement pour passer le temps… À vos plumes, à vos écrans… Nouvelles, micro-nouvelles en 100 mots… les mots ne sont-ils pas aussi un moyen de lutter ? 
 

 

vendredi 14 février 2020

NOUVELLES DU PRIX 2020



Réception... déception ?
Après réception et enregistrement des derniers recueils, nous constatons -avec regret- une nette baisse du nombre de participants. Que soient ici remerciés pour leur confiance les « primo-participants » et aussi pour leur fidélité les « récidivistes ».

Malgré cette baisse -et après concertation avec nos partenaires- nous maintenons contre vents et marées la 8è édition de ce Prix de la Nouvelle qui reste une exception, n'existant nulle part ailleurs sous cette forme.

Les différents groupes de lecture seront opérationnels dans quelques jours.

 

Suspense... suspense !
Ils échangeront jusqu'à la mi-juin et par filtrages successifs, ils sélectionneront les recueils finalistes dont les auteurs seront alors informés.
Puis le jury final délibérera courant septembre…

Que le meilleur gagne !

Le suspense sera levé lors de la remise du Prix 2020 qui aura lieu à la Bibliothèque Municipale d'Angers le vendredi 13 novembre, jour de la sortie du recueil lauréat aux éditions Paul&Mike.

Patience donc d’ici là !
 
Harfang pour les organisateurs du Prix 2020

 (à suivre)

 

samedi 4 janvier 2020

MEILLEURS VOEUX 2020

D. Remy 92
HARFANG vous souhaite de bonnes nouvelles
à partager tout au long de l'année 2020

Nouvelles que vous pourrez lire dans les numéros à venir qu'Harfang couve bien au chaud avant l'éclosion au printemps...
ou micro-nouvelles que vous pouvez découvrir chaque mois sur le blog.

Nouvelles (ou micro nouvelles) que vous pouvez écrire et adresser au comité de lecture...
ou recueil pour le Prix de la Nouvelle d'Angers 2020
(à adresser impérativement avant le 31 janvier !)


En espérant recevoir les meilleures nouvelles
et pouvoir attribuer la meilleure note à cette excellente année
20 / 20 
 

dimanche 24 novembre 2019

HARFANG 55 : un numéro éclectique !


Si la plupart du temps dans un recueil, le nouvelliste recherche l’unité et le lecteur le fil rouge qui relie les nouvelles entre elles… dans une revue au contraire, les nouvelles se suivent et ne se ressemblent pas.
Ce numéro 55 d’Harfang, en CHOUETTE MOSAÏQUE MULTICOLORE en est la meilleure preuve : les nouvelles sont toutes très différentes tant par le sujet que par le style, tant dans les  tonalités que dans les couleurs.


Car quoi de plus éloigné que l’histoire pleine d’humour où « il ne se passe jamais rien » selon T. Colvolo et le ton grave qui évoque les drames de l’Histoire coloniale qui détruit les maisons, les femmes et les soldats selon L. Sebbar ?

Quoi de plus éloigné encore que la recherche dans les rues de Paris de « l’homme le plus seul que je connais » selon F. Sanchez et la recherche de Nietzsche et de Rimbaud (pour son quatrième passage dans Harfang) à travers le « Simorgh » selon N. Jaen ou la recherche du « maître du monde » dans « l’homme à la fenêtre » selon C. Apetrai ? 
 
Numéro éclectique s’il en fut, riche de sa diversité, sans théorie, sans a priori… où F. Schurmans se permet une « réfutation de Darwin », où S. Croenne recherche une « nouvelle gravitation » après le retour du père qui déséquilibre la vie d’un enfant, où B. Gautier rappelle certain Prince charmant « quand minuit sonne » et que « la mémoire s’effrite » ?

Et comme toujours, l’esprit « mosaïque » est aussi présent dans les 20 pages du « Nouvellaire » avec toutes les informations sur l’actualité de la nouvelle, sur les recueils et les revues, sur les prix et concours…


Harfang N° 55, 106 pages, 12 € (frais de port inclus)

à commander à Harfang 13 bis avenue Vauban 49000 ANGERS

 

mardi 24 septembre 2019

PRIX DE LA NOUVELLE 2020 : C'EST PARTI !

Le compte à rebours est commencé… Il ne reste plus que 100 jours exactement avant la date d’envoi des recueils pour participer à la huitième édition du Prix de la nouvelle de la Ville d’Angers, organisé par l’Association Nouvelles R et le revue Harfang en partenariat avec la Ville d’Angers et les éditions Paul&Mike.

Alors, si vous voulez succéder à Estelle Granet (Lauréate 2014), à Emmanuel Roche (Lauréat 2016) et à Michèle Labbé (Lauréate 2018), c’est le moment de peaufiner vos nouvelles et la composition de votre recueil, de chercher un titre accrocheur, de penser à la couverture et la reliure…
Et dans 130 jours, il sera trop tard… Le 31 janvier 2020 nous connaîtrons alors le nombre des recueils en compétition qui seront mis en lecture auprès des juré(e)s !
Et dans 365 jours, il ne restera qu’un recueil que les éditions Paul&Mike dévoileront le jour de la remise du Prix.

C’est peut-être votre recueil qui succèdera à « Sept fois presque rien » d’Estelle Granet, à « Un piano à la Nouvelle-Orléans » d’Emmanuel Roche, à « Feuilles d’Engadine » de Michèle Labbé…
Chacun de ces recueils est encore disponible contre un chèque de 10 € franco de port, auprès de l’Ass. Nouvelles R (13bis avenue Vauban 49000 Angers)… Ou mieux les 3 recueils contre un chèque de 20 € !


Outre la (re)lecture du règlement, voici quelques conseils et rappels qui répondront à vos interrogations :

1 Privilégiez l’impression recto-verso plus écologique et plus économique

2 N’oubliez pas la reliure du recueil (sans agrafes SVP), la pagination et le sommaire

3 Postez en tarif normal (surtout pas en recommandé) ou économique vos 3 exemplaires dès le 1 janvier 2020 et avant le 31 janvier (cachet de la poste faisant foi) en joignant un chèque de 10 € et votre fiche de participation.

 A bientôt le plaisir de vous lire

 

samedi 29 juin 2019

COUPS DE COEUR DE L'ETE


Bonne nouvelle, l’été s’annonce… avec ses temps de découvertes et ses plages de plaisirs. Que vous soyez dévoreur de romans, amateur de pavés ou lecteur occasionnel pendant la période estivale, prenez le temps de vous « recueillir », couché à l’ombre d’un grand chêne, près d’un ruisseau, assis dans un fauteuil confortable d’un TGV ou d’un avion ou bien encore bercé dans un hamac tendu entre deux cocotiers sur quelque plage tropicale… Peu importe ! Et  toutes affaires cessantes lisez les quelques recueils « coups de cœur » que nous vous proposons comme autant de recettes pour oublier le temps qu’il fait et le temps qui passe. 
 

 


 

Nous sommes à la lisière, Caroline Lamarche, Gallimard, 176 pages, 16 €

 La lisière dont il est question dans ces neuf nouvelles est celle qui s’étend entre le monde humain et le monde animal. C’est le lieu où les personnages, hommes, femmes et animaux vont se croiser, vont échanger. Car à l’habituelle personnification des animaux, auxquels on donne ici des noms Frou-Frou, Mensonge, Merlin… répond l’animation des êtres humains, qui découvrent comme en « miroir » des attitudes, des sentiments qui leur redonnent vie, qui les ré-animent !  Toute la nature est animée par la même force et le garde forestier « parle des arbres comme de personnes vivantes » (p. 142).

Ainsi cette étudiante qui travaille sur l’œuvre de Joyce, après avoir rencontré un hérisson qui a manqué d’être écrasé par une voiture décide de l’appeler Ulysse et avoue «  je pensai à cet animal comme à moi-même» (p.92). 

Quant au petit écureuil qu’une femme croise dans un cimetière, il l’aide par sa légèreté à supporter le poids d’un deuil récent : c’est pourquoi elle l’appelle secrètement Rudi, du nom de son enfant mort prématurément.

Jusqu’où peut-on pousser le parallélisme ?  En quoi la situation de Manju qui a été placé en refuge est-elle comparable à celle de la cane Frou-Frou recueillie dans un refuge pour oiseaux blessés qui à son tour peut ressembler à un hôpital pour malades et vieillards ? Au bout d’un certain temps, l’un et l’autre pourront prendre leur envol.

À l’inverse, le cheval Mensonge qui « porte la forêt à l’intérieur de lui » et qui a goûté à la liberté au cours d’une fugue, préfèrera mourir que d’être enfermé dans un box.

Neuf histoires folles, neuf vies sauvages à la lisière de notre monde, pour ceux qui veulent encore sentir, écouter, regarder autour d’eux.

Avec ce recueil, c’est donc tout naturellement que Caroline Lamarche s’inscrit sur la longue liste déjà longue des nouvellistes qui va de Jules Renard à Pierre Gascar en passant par Colette et Louis Pergaud et qui ont placé les animaux au cœur de leurs nouvelles.

Et c’est tout naturellement aussi que les académiciens Goncourt ont couronné ce recueil en lui attribuant le Prix Goncourt de la Nouvelle 2019.
 Joël Glaziou
 
La Grandeur de l’Amérique, Emmanuel Roche, Paul&Mike, 328 pages, 17 €

Après un premier recueil remarqué, Un piano à la Nouvelle-Orléans (Paul&Mike, Prix de la Nouvelle de la ville d’Angers en novembre 2016), Emmanuel Roche récidive avec un recueil qui plonge à nouveau le lecteur aux États-Unis, au fin fond du Tennessee entre Winchester et Chattanooga en novembre 2016 pendant les derniers jours de l’élection présidentielle. Au-delà de cette unité spatiale et temporelle, sa composition est unifiée par des personnages qui se croisent tout au long de la vingtaine de tableaux. Offrant ainsi une analyse originale, souvent ironique, de ce que certains appellent la « Grandeur de l’Amérique ».

Car cette « grandeur » peut-elle se trouver dans cette galerie de portraits de petites gens, avec ses losers : ce grand-père atteint par Alzheimer qui croit que son fils est Donald Trump, ce chanteur de country en mal de cachet qui a raté sa carrière de champion de rodéo, cette Little Miss Tennessee sur le retour qui avoue à quarante ans avoir raté sa vie ou encore cette veuve, la « folle de Chattanooga » qui fait ériger une statue géante d’un Trump qui lève un pouce victorieux… ?

Évitant les lourdeurs des analyses politiques, sociologiques ou psychologiques, E. Roche a su donner vie à son récit, en faisant se croiser ses personnages dans des lieux récurrents : le magasin Dollar general, le Mel’s bar ou le truck-stop fréquentés par les camionneurs. Il a su jouer avec les codes littéraires, usant de l’enquête policière qui court d’une nouvelle à l’autre à la recherche des auteurs d’un vol de voiture, puis d’un accident suivi d’un délit de fuite. Il a su enfin agrémenter le tout par une bande son (comme dans son premier recueil où le jazz new-Orléans était omniprésent) constituée ici par les airs de country, avec Johnny Cash, Roger Miler et Elvis Presley (dont la play-list se trouve en fin de volume)

Ce recueil, sorte de road-movie dans le Middle Tennessee, qui nous donne des nouvelles de l’Amérique profonde, est à lire de toute urgence pour appréhender les réalités complexes de l’Amérique qui s’apprêtait à voter pour Donald Trump fin 2016 !

Joël Glaziou

 
Et pour poursuivre sans retarder votre plaisir, voici encore quatre « coups de cœur en 100 mots et un peu plus »… que nous développerons dans les pages du numéro 55 d’Harfang, à paraître en novembre.

La plus jeune des frères Crimson de Thierry Covolo (126 pages, 16 €, éditions Quadrature)

La surprise n’est-elle pas un excellent critère pour juger une nouvelle ou un recueil ? Si tel est le cas, ce premier recueil de T. Covolo est un modèle du genre. Le lecteur est constamment surpris au détour d’une page, d’une phrase… car l’auteur excelle dans l’art de retourner clichés et codes, qu’ils soient littéraires, psychologiques ou sociologiques. Par exemple ceux sur une certaine Amérique ou ceux sur les rapports entre hommes et femmes. Et nul besoin de tout dire, car on comprend vite ce qui se trame derrière ellipses et non-dits comme dans la nouvelle « La dernière fois qu’on a vu Sam » (lire Harfang N° 48) ou celle où Sally sème les cadavres comme d’autres sèment « les cailloux du Petit Poucet »… (à suivre dans Harfang N° 55)
 


Enterrer les morts d’Annick Demouzon (220 pages, 16 €, éditions Léoforio)


Après deux recueils remarqués, À l’ombre des grands bois (Prix Prométhée 2011) et Virages dangereux (Prix Agora 2016), A. Demouzon revient avec un recueil thématique sur la place des morts dans nos vies. Soit 19 nouvelles qui déclinent différentes situations,  cruelles et tendres, légères et graves : que faire des cendres d’un mari incinéré ? Quelle fut la vie de Marguerite, « la finisseuse de vieux » ? Comment identifier le squelette de Kenjo, exécuté et exhumé d’un charnier ?  Comment faire rentrer le grand cadavre de La Ficelle dans un cercueil trop petit ? Comment faire le deuil d’un mari disparu en mer ? Enfin, le lecteur trouvera les réponses et tout ce qu’il faut savoir pour continuer à vivre au milieu des morts, des enterrements et des cimetières…(à suivre dans Harfang N° 55)

Heptaméron avec Chardonnay de Gérard Oberlé (216 pages, 18 €, Grasset)

Pour les amateurs de clins d’œil littéraires, ce recueil offre un triple plaisir. D’abord en référence à Marguerite de Navarre et son Heptaméron (1559), G. Oberlé reprend à la demande d’une fidèle lectrice le schéma d’une nouvelle pour chaque jour de la semaine. Ensuite, en hommage à J.-B. Chassignet, poète du XVIe siècle, il reprend le personnage truculent de son précédent recueil Bonnes nouvelles de Chassignet (2017). Enfin, en bon disciple de Rabelais, chaque nouvelle est l’occasion de déguster les petites recettes du Morvan concoctées par Mireille Laroque et d’écluser quelques bons crus de chardonnay ! Alors le recueil dans une main et dans l’autre un verre de chardonnay, ne boudons pas notre plaisir… (à suivre dans Harfang N° 55)
 

Dans la chambre de Leïla Sebbar (128 pages, 15 €, Bleu autour)

 Leïla Sebbar n’en finit pas de brosser le portrait des femmes et des filles qui naissent,  vivent, aiment et meurent sur les deux rives  de la Méditerranée. Après Sept filles (2003), L’habit vert (2006), Le ravin de la femme sauvage (2007)… le lecteur pourrait penser qu’il ne s’agit là que de répétitions. Ce serait oublier la capacité de L. Sebbar à multiplier les variations à l’intérieur d’un même thème, d’une même série. Ici dans au plus profond et au plus secret des chambres, on passe d’un siècle à l’autre, on passe de l’hôtel au bordel, de la prison au harem, on passe de Paris à Alger, d’Oran à Marseille, de Tipasa à Rochefort… La galerie de portraits s’enrichit et se poursuivra encore dans les ouvrages à venir… (à suivre dans Harfang N° 55)

samedi 18 mai 2019

HARFANG N° 54 : autour de Jean-Marie BLAS DE ROBLES

Ce numéro s’ouvre sur un entretien essentiel qui éclaire l’œuvre de J.-M . Blas de Roblès.


Jean-Marie BLAS DE ROBLES (Opale-Zulma)
Toutes celles et tous ceux qui ont découvert son roman Là où les tigres sont chez eux (Zulma, Prix Médicis 2008) et qui ont lu par la suite, L’île du point Nemo en 2014, Dans l’épaisseur de la chair en 2017, Le rituel des dunes en 2019 trouveront dans cet entretien des révélations sur les liens secrets tissés entre ces différents romans et les nouvelles du recueil La montagne de riz (paru en 1982).

Mais J.-M. Blas de Roblès ne se contente pas d’une défense de la nouvelle conçue comme matrice d’une œuvre romanesque, il sait aussi illustrer ses propos avec une nouvelle inédite intitulée « à chaluter ».

Autour de lui, profitant de sa « carte blanche », on retrouve Yahia Belaskri, Belinda Cannone, Luc-Michel Fouassier. Et aussi Laure Leroy, directrice des éditions Zulma, qui parle des traductions et qui offre en primeur une nouvelle, traduite du tamoul, signée Antonythasan Jesuthasan (qui n’est autre que le comédien à l’affiche du film Deephan de M. Audiard) ; intitulée « Friday », elle restitue l’atmosphère du quartier tamoul à Paris. 

Parallèlement, un long entretien et une nouvelle touchante permettent de mieux appréhender l’univers et l’écriture de Christine Van Acker, et aussi ses résidences et ateliers d’écriture.

Enfin, au sommaire de ce riche numéro, il ne faut pas oublier Gilles Paris, l’auteur de la Vie de Courgette… pas plus que la nouvelle « chez les routiers » de Christine Moissinac et les meilleures micro-nouvelles 2018, signées A. Tuscan-Ollier, C. Navelou et J.-M. Renou… et comme toujours les 20 pages du « Nouvellaire » avec toutes les informations sur l’actualité de la nouvelle : parutions, revues, prix et concours…

Harfang N° 54, 100 pages, 12 € (frais de port inclus)

à commander à
Harfang 13 bis avenue Vauban 49000 ANGERS

jeudi 18 avril 2019

Les vieux Harfangs s’envolent aussi au printemps

   Un hiver long et pluvieux, propice aux inventaires parfois fastidieux, nous a permis de constater que de nombreux Harfangs, vieux parfois d’une vingtaine d’années, dormaient en nos greniers.
   Au seuil du printemps, nous souhaitons qu’ils puissent sortir à l’air libre, qu’ils puissent retrouver de nouvelles aires de vie… et nous vous proposons d’en suivre les erres naturelles et d’en adopter quelques uns…
  C’est pourquoi nous offrons un « vol groupé de vieux harfangs » (qu’aujourd’hui certains appellent déjà « vol low cost »)…
 
 
Afin de faire de nouvelles découvertes…
ou de compléter votre collection,
Notez sur papier libre les numéros commandés (entre N° 2 et 52)
(voir liste des numéros en cliquant sur l’onglet   CONTACT  et liste des auteurs sur l'onglet LA REVUE )
et ajoutez un numéro complémentaire
(en cas d’Harfang épuisé avant même l’envol)

 
5 N°   …, …, …, …, ... (+ N° …)        = 20 € (franco de port)
10 N°…, …, …, …, …, …, ..., ..., ..., ... (+ N°…)    = 30 €
15 N°…, …, …, …, …, …, …, …, …, …,
         ..., ..., ..., ..., ...(+N°…)                                     = 40 €
20 N° ..., ..., ..., ..., ..., ...,. .., ..., ..., ...,
..., ..., ..., ..., ..., ..., ..., ..., ..., ...  (+N°...) = 50 €

NOM Prénom    : ………………………………


Adresse              : ………………………....……


Chèque à l’ordre de Harfang,
13bis avenue Vauban 49000 ANGERS

* les nouvellistes publiés dans Harfang peuvent commander
X exemplaires du même numéro où ils ont été publiés, aux mêmes conditions
 

mercredi 2 janvier 2019

MEILLEURS VOEUX POUR 2019


@ D. REMY 92

En 2019
 
de jour comme de nuit,
 
lisez
 
les bonnes
 
nouvelles
 
dans Harfang

jeudi 22 novembre 2018

HARFANG N° 53 : LA SAISON DES PRIX !


Tous les ans, à l’automne, revient le rituel des feuilles qui tombent et des prix littéraires !

Cette année encore, Harfang est au rendez-vous en se faisant l’écho des prix consacrés à la nouvelle.

En commençant bien évidemment par la septième édition du prix de la Nouvelle d’Angers avec un entretien et une nouvelle extraite du recueil primé « Feuilles d’Engadine » de Michelle LABBE qui invite à faire une randonnée sur les hauteurs de l’Engadine.
Suivent les nouvelles des 2 finalistes, avec « Le grand corps nu » de Sylvain MARESCA et « Comme un oiseau sans ailes » de Laurence MARCONI qui offre un peu d’exotisme en nous dépaysant au Laos.
Quant à Emmanuel ROCHE, lauréat 2016, il offre une nouvelle extraite de son nouveau recueil « La grandeur de l’Amérique » (Ed. Paul&Mike) en nous faisant rencontrer Gavin… et Donald Trump quelques jours avant son élection !
Finaliste (malheureux) du Prix Boccace avec son (superbe) recueil « Les attentifs » (Ed. R. Laffont), Marc MAUGUIN nous raconte « la petite vie » d’Hélène…
Enfin pour clore cette saison des prix, Marie SIZUN qui recevra le Prix de la Nouvelle de l’Académie Française début décembre pour son recueil « Vous n’avez pas vu Violette ? »  (Ed. Arléa), nous parle de Lucie dans « elle a presque huit ans »


Ajoutons qu’Alain EMERY nous parle d’Adélaïde dans « les Sandres », Nicolas JAEN continue à évoquer Rimbaud (déjà présent dans les N° 38 et 52) et son « long cil courbe », Soha SAFAÏ met en scène la reine Judith et Lahire dans « Qu’on lui coupe la tête » et Fabrice SCHURMANS raconte Jean Nemo et « l’effet Romy Schneider »…






Mais qu’importe les noms et les prénoms, qu’importe que les personnages soient réels ou imaginaires, qu’importe qu’ils soient connus ou inconnus… Chaque nouvelle est l’occasion de vivre une autre vie !




 
HARFANG N°53, 118 pages, 12 €
13 bis avenue Vauban 49000 ANGERS

Michelle LABBE : Prix de la nouvelle d’Angers 2018 pour son recueil Feuilles d’Engadine

Vendredi 16 Novembre 2018
 à la Médiathèque Toussaint d’Angers
18 h 30

Dans une salle remplie et en présence des principaux partenaires, notamment Mr FOUQUET, adjoint à la Culture, représentant la Mairie d’Angers, F. MULLER, directeur des éditions Paul&Mike…  ainsi que des membres du jury, l’identité de la lauréate a été dévoilée…

Il s’agit de Michelle LABBE, enseignante à la retraite, qui vit entre la Bretagne et la région parisienne et qui partage son temps entre l’écriture et les voyages. Auteur de plusieurs romans et d’un recueil de nouvelles, elle a aussi écrit un essai sur les romans de J. M. G. LE CLEZIO (éditions L’Harmattan).

 
Une brève présentation du recueil "Feuilles d'Engadine" permet de comprendre qu’il s’agit d’une sorte de journal de randonnée, tenu par une même narratrice. Invitant ainsi le lecteur à partir à la découverte de nouveaux lieux et de nouvelles personnes.
L’unité de composition en fait une sorte de « roman-par-nouvelles », où chaque nouvelle est l’occasion d’une anecdote et aussi d’une galerie de personnages appartenant à des milieux différents montrant ainsi les écarts sociaux et culturels entre les habitants, les touristes, les célébrités….
Donc un recueil qui pourrait se lire comme un guide touristique mais teinté de philosophie, de littérature, de sociologie… tout en restant dans un langage et un style très simples, très faciles à lire.
Michelle LABBE pendant sa lecture apéritive
La soirée s’est terminée par une lecture apéritive et une séance de dédicace.


Pour faire plus ample connaissance avec l’auteur, nous reproduisons ci-dessous une partie de l’entretien (dont on peut lire l’intégralité ainsi qu’une nouvelle extraite du recueil dans le N° 53 de la revue Harfang)


 
 
 
 
 
 
Entretien avec Michelle LabbÉ

 D’où vient l’idée d’écrire sur l’Engadine qui est au cœur de votre recueil ?

 M. L. : J’ai souvent trouvé, dans mes lectures : Nietzsche, Proust, Freud, Mann… le nom de Sils‑Maria, d’emblée étrange parce qu’il semblait appartenir à deux langues différentes - en tout cas, pour Proust, nom « deux fois doux ». La région, l’Engadine (selon l’orthographe française) semble introduire une troisième langue, pour nous plus familière, charmante ici par ses sonorités. On pourrait déjà parler d’ambiguïté, de mystère. D’autre part, le lieu, pour les écrivains, les artistes qui l’ont fréquenté, évoque le lointain, la réclusion, le repos tout en suggérant, par le nombre et la renommée de ses visiteurs, un séjour mondain : Gide, Mann, habitués d’un grand hôtel… mais aussi David Bowie, Kristen Steward, habitués du même hôtel… Olivier Assayas joue du paradoxe dans son film Sils Maria en présentant cet hôtel comme le lieu de rencontre d’écrivains, d’acteurs tout en faisant, des hauteurs de la vallée, le séjour du « serpent de Maloja », ce nuage qui, vers le soir, se coule entre les sommets, embrume l’Engadine, et fait se perdre les personnages joués par les clients du prestigieux hôtel.

La quatrième de couverture de La suite américaine, votre recueil précédent, était une invitation à lire les « nouvelles comme un roman ». Donneriez-vous le même conseil aux lecteurs de la « suite de nouvelles » de Feuilles d’Engadine ?

M. L. : Comment lire les nouvelles ? Chacune doit se refermer sur elle‑même mais « l’effet recueil » n’est pas innocent. Même si chaque texte se veut un et différent des autres, la lecture a la liquidité de l’aquarelle. Les couleurs glissent les unes sur les autres. La deuxième nouvelle est encore imprégnée de la première et s’apprête à colorer la troisième. Autant, pour l’auteur, en profiter et désigner le même objet tout au long de son écriture pour cerner une réalité, ici, un lieu, et s’approcher de la cohérence et de l’homogénéité que l’on réclame du roman. Mais on doit aussi se demander si la distinction stricte entre les genres reste pertinente à notre époque, si certains ouvrages, annoncés explicitement en couverture comme romans, (Patrick Modiano, Dans le café de la jeunesse perdue ; Yasmina Reza, Heureux les Heureux ) ne sont pas, par leur division en chapitres et leur changement de personnage‑narrateur, de ton et de point de vue, plus proches du recueil de nouvelles.
Ce qui peut être demandé au lecteur, c’est de considérer le volume comme une suite. C’est ce que j’ai voulu tenter avec Feuilles d’Engadine : donner le sentiment d’une méditation et d’une découverte qui se poursuit de nouvelle en nouvelle.

Dans l’écriture et la genèse du recueil, votre priorité est-elle donnée aux personnages (rendus vivants par de petites anecdotes) ou au lieu, l’Engadine (que l’on pourrait considérer aussi comme le personnage principal) ?

M. L. : Dans ce recueil, je crois que l’Engadine devient le personnage principal, une sorte d’entité vibrant de son mystère et de sa beauté, de ses couleurs, de ses parfums : le turquoise des lacs, la neige des cimes, les fleurs sur les pentes, les forêts. Nietzsche appelait la vallée « l’Ile Bienheureuse » comme si elle était isolée du reste du monde, un être à part entière doté d’une sorte de vertu du bonheur ; deux petites îles du lac de Sils s’appellent également « Les Bienheureuses ». Un certain anthropomorphisme est né spontanément du charme puissant reconnu à la vallée, capable des plus languissantes douceurs et des pires tempêtes, de grandes solitudes et de pavanes dans les lieux chics. Mais l’Engadine est aussi évolution: nouvelles constructions attirant des couches sociales plus modestes, nouveau téléphérique permettant de se rendre rapidement sur les hauteurs pour des randonnées en altitude, nouvelles activités proposées, kite-surf ou cross‑country pour les plus jeunes ou marches nordiques pour d’autres. Cependant, les responsables de la région sont attentifs à préserver la beauté et la spécificité des lieux, sports d’été respectant la nature, ski et patinage durant le long hiver. L’Engadine perdure, change et se découvre. Le flux des visiteurs n’entache pas son charisme.

Auteur de plusieurs romans et récits, que représente pour vous le choix de la nouvelle ?

 M. L. : Le choix de la nouvelle répond au désir de travailler sur de petites unités, d’essayer de ciseler pour un effet final, d’exprimer un sentiment, une émotion dans un espace restreint et sur un thème restreint, et, éventuellement, d’une nouvelle à l’autre, changeant totalement de point de vue, de varier l’emprise qu’on tâche d’avoir sur les choses de la vie. On peut aussi jouer sur les sens de « nouvelle ». Écrire une nouvelle peut s’entendre comme donner des nouvelles d’un lieu et de ceux qui y vivent…

Suite de l’entretien et nouvelle de Michelle LABBE à lire dans Harfang N° 53, 10 €
Feuilles d’Engadine, Michelle LABBE, éditions Paul&Mike, 112 p., 10 €