dimanche 12 juin 2016

PRIX DE LA NOUVELLE D’ANGERS 2016 : 6 recueils finalistes





En février dernier, nous avions enregistré 169 recueils au départ de la compétition.
 

Pendant 10 semaines, six groupes de lectrices et de lecteurs ont lu, relu, échangé, discuté, comparé… et par tris et filtrages successifs ont d’abord « nominé » 31 recueils, puis en ont « présélectionné » 18 pour enfin ne retenir que 6 recueils « finalistes » !
Les 6 nouvellistes aussitôt informés ont manifesté "joie" pour l'un, "plaisir" pour un autre, "bonheur" pour une autre encore... mais il leur faudra aussi être patients et attendre le mois de septembre pour savoir lequel d'entre eux montera sur la plus haute marche pour recevoir les lauriers !

 
D’ici là, les 25 personnes qui composent le jury final devront au cours de l’été choisir entre les 6 recueils dont les thématiques abordées, les compositions et les styles sont très différents…

Que le meilleur gagne !
 
 
 
 
D’ores et déjà les 6 finalistes sont assurés de voir une nouvelle extraite de leur recueil publiée dans le N° 49 de la revue Harfang qui sortira le jour de la remise du Prix, le 23 novembre 2016 et où l’on pourra lire un entretien avec le (ou la) lauréate. Ainsi nous espérons faire partager nos plaisirs de lecture.
Pour faire partager notre choix, chaque participant recevra, fin novembre, un exemplaire du recueil primé (édité par  Paul&Mike).
 
Avant même la fin de cette belle compétition (rappelons que ce prix est le seul qui récompense un recueil sur manuscrit), que chaque participant soit ici remercié.

mardi 10 mai 2016

HARFANG N° 48 SORT DU NID !


C’est bien connu, au printemps, les harfangs sortent du nid !
Notre Harfang fétiche n’échappe pas à la règle.

 
En le suivant, vous croiserez des personnages très différents rencontrés ces derniers mois :

-          Jeanne dans « L’été de Jeanne » d’Abdelkader Djémaï

-          Achille Cambon, navigateur surnommé « Monsieur de Bonne Espérance » dans « La chambre du Bouc » d’Alain Emery

-          Le cinéaste Damien N. dans « Nouveaux éléments sur la fin de Narcisse » d’Eric Faye

-          L’étrange Emilien Bouc dans « Dernière retouche » de Jean-Claude Tardif en hommage au poète, romancier et nouvelliste Daniel Boulanger

-          La Momie (Raul Castro) et sa petite fille Graciela dans « Danser avec l’ennemi » de William Navarette (traduit de l’espagnol)

-          Sam et Milie dans « La dernière fois qu’on a vu Sam » de Thierry Covolo

-          Nino dans « Bonjour Mr Sarmenti, à demain Mr Sarmenti » de Simon Faure

-          Léona D. (appelée Nadja par André Breton) dans « Convulsions » de Marie Pontacq

-          … et enfin la jeune femme auteur de « L’esquive du jour » sous la plume de Clément G. Second

Harfang vous souhaite à toutes et à tous de bonnes rencontres et de bonnes lectures

 
Harfang N° 48 (100 pages) 12 € (chèque à l’adresse de la revue)

 

samedi 19 mars 2016

COUPS DE COEUR DE PRINTEMPS


Vent de boulet, Sylvie Dubin, Ed. Paul&Mike, 264 pages, 15 €

 
On peut ne pas aimer les recueils de nouvelles et on peut ne pas aimer les récits historiques, mais devant ce troisième recueil de S. Dubin, aucune généralité, aucun préjugé ne peut résister à la lecture !
De la première page de « Bleu horizon » qui raconte les signes avant-coureurs de la Guerre 14-18 à Merlet-Font avant la déclaration du 1er août jusqu’à la dernière page de « Blanc, bleu... » où l’on érige en 1920 un monument aux morts dans cette même commune de Normandie, le lecteur est plongé dans les petites histoires de la Grande Guerre.
 
Bien sûr, d’aucuns objecteront que certains noms de lieux comme Merlet-Font et certains personnages comme Blaise Gaillard, Camille Faye, Elise Simon et d’autres qui réapparaissent dans plusieurs nouvelles sont sortis de l’imagination de l’auteur. Mais pour le reste, tout, dans les moindres détails, est authentique, du récit de la catastrophe ferroviaire de la vallée de la Maurienne (dans « À tombeau ouvert ») jusqu’au plus petit bouton de la capote des poilus. Car pour l’auteur « il suffit d’assembler les découpes de l’Histoire, et ce n’est qu’aux coutures que l’imagination travaillera » (p. 42).
Comme pour ses précédents recueils, S. Dubin a composé, organisé un ensemble unifié en procédant par parallélismes, reprises et effets de miroir. Mais l’originalité réside surtout dans le choix des sujets et dans le point vue qui surprend à chaque fois le lecteur qui peut alors s’interroger sur ces petites histoires qui font la grande Histoire.
Ainsi on assiste à travers une enquête quasi policière à la naissance du service cinématographique des armées (dans « Cinéma-cantonnement »). On s’enfonce dans la boue des tranchées avec les tirailleurs sénégalais (dans « Nénette et Rintintin »). On plonge sous la mer avec les premiers mariniers (dans « Histoire d’U. »). On survole les champs de bataille avec les premiers aviateurs, avec les premiers aérostiers dans leur ballon captif (dans « Sur la terre comme au ciel ») ou avec les pigeons utilisés pour faire passer des messages en Argonne (dans « Cher ami », publié dans Harfang N° 46).
On apprend aussi comment un véritable toréador peut se faire embrocher par une baïonnette au Bois Camard en 1916 du côté de Verdun (dans « S’ils nous pardonnent »), comment une cousette en grève peut rencontrer un médecin auxiliaire en permission à Paris avec son parapluie sous le bras (dans « La faute à Ducasse »), comment un peintre peut trouver son inspiration dans la catastrophe d’un train fou qui fit 425 victimes parmi les poilus en permission ( dans « À tombeau ouvert »), comment la même Elise Simon peut « sculpter » les gueules cassées pour leur redonner apparence humaine (dans « The Tin Nose Shop ») et sculpter les statues des monuments aux morts érigés dès les années 20 (dans « Blanc, bleu… »)…
On attend de découvrir avec la marraine de guerre le « poilu » avec lequel elle a correspondu pendant des mois (dans « Chaleureuse marraine ») et on est surpris de découvrir « La Clef » de l’énigme que constitue l’histoire de deux frères dont l’un est mort à Verdun et l’autre végète depuis lors dans un hospice d’aliénés.   
Voici donc treize nouvelles qui s’entrecroisent, s’interpénètrent pour dresser devant les lecteurs le théâtre quotidien de la guerre, cette « comédie inhumaine » comme l’écrit l’historien A. Jacobzone dans la préface. Treize nouvelles qui s’enchaînent comme les chapitres d’un roman où, un siècle après la fin des combats, l’on entend encore siffler le « vent de boulet ». Treize nouvelles où des hommes et des femmes s’interrogent sur le sens de cette « boucherie héroïque ». Le chiffre 13 revenant d’ailleurs comme un leitmotiv, un fil rouge, où sans faire de numérologie comme dans « Nénette et Rintintin » les personnages s’interrogent pour savoir s’il faut lire les chiffres comme des signes du destin.
Au final, ce recueil est beaucoup plus qu’un recueil de nouvelles, plus qu’un « roman-par-nouvelles », plus qu’un récit historique qui serait réservé à quelques amateurs de nouvelles ou de récits historiques. C’est un livre qui s’adresse à tous et que chacun doit lire, toutes affaires cessantes. 
Joël Glaziou

 
Deux ans de vacances et plus, Luc-Michel Fouassier,
Éditions Quadrature, 102 pages, 15 €
 
Comme dans ses deux recueils précédents, L.-M. Fouassier propose un ensemble unifié de 7 nouvelles où l’on rencontre sept personnages décidés, obstinés qui ont choisi « d’aller jusqu’au bout » comme le rappelle la citation de Georges Simenon placée en exergue. Ni opiniâtres, ni entêtés, ils se caractérisent par une constance, une persévérance dans leurs idées, dans leurs actions, dans leurs attitudes.
 
Ainsi dans la première nouvelle intitulée L’accompagnateur, un fils (avec beaucoup de dérision, d’autodérision même s’il s’agit de l’auteur lui-même) va suivre à vélo son père d’une soixantaine d’années qui a décidé de faire la célèbre course à pied  « les 100 bornes de Millau » ! Au fil des kilomètres, on s’aperçoit que le plus dur n’est sans doute pas pour le père mais bien pour le fils… et que dans cette course -métaphore de la vie- où l’important est de participer, selon la formule connue, les deux iront jusqu’au bout, sans que l’on sache vraiment qui est l’accompagnateur de l’autre !
Dans Une hésitation (parue dans Harfang N° 47), un écrivain arrivant à bout de son roman (412 pages et 2 ans de travail) s’interroge : son héros Vittorio pressera-t-il sur la détente du révolver ou… ?
Dans Deux ans de vacances et plus, il est fait référence à un roman (peu connu certes) de Jules Verne et surtout à son adaptation dans une série télévisée des années 70. Si cette nouvelle donne son titre au recueil, c’est aussi parce que dans nombre de nouvelles (et romans) de L.-M. Fouassier, les personnages sont souvent de grands lecteurs et /ou de grands cinéphiles. Tout le plaisir de la lecture réside alors dans le repérage de ses clins d’œil de connivence culturelle.
Enfin quand il s’agit de regarder le passé (dans Retroviseur), de (re)faire le voyage de noces de ses parents dans le sud ou d’accompagner son ami Pascal au cimetière dans Condoléances, escalators et nems… pas de chute spectaculaire,  car ces nouvelles reposent sur une forme de suspense et jouent sur l’attente du lecteur qui s’interroge : ira-t-il jusqu’au bout ?
Deux ans de vacances et plus, c’est 7 nouvelles de plaisir et plus !

Joël Glaziou

En complément, on peut lire l'entretien
avec Luc-Michel Fouassier
dans le N° 47 d'Harfang
et sous l'onglet "Rencontres"

 
 
 
 

 

mardi 1 mars 2016

PRIX HERVE-BAZIN DE LA MICRO-FICTION 2016

La troisième édition du Prix de la Micro-fiction Hervé-Bazin est lancée.
Le thème en est désormais connu : "La nature, moi, vous, nous ! Toute une histoire... ! " et renvoie expressément au roman d'Hervé-Bazin "L'Eglise verte"
La date de clôture est fixée au 10 juin 2016 et la date de remise du Prix le samedi 26 novembre...


Le règlement complet est à consulter sous  notre onglet "Prix & Concours"

vendredi 12 février 2016

PRIX DE LA NOUVELLE D'ANGERS 2016 : 168 recueils en compétition...




Le temps de l'écriture est achevé...
Pour les 168 participants au Prix de la Nouvelle de la Ville d’Angers 2016, le temps de l’écriture passé entre les claviers, les écrans et les feuillets s’est achevé en Janvier… sans oublier le temps des photocopies, des reliures et des envois effectués souvent jusqu’à la dernière minute…
Pour les organisateurs, a commencé début février le temps de la réception, de l’enregistrement, de la répartition des 168 recueils (soit près de 2000 nouvelles et plus de 13000 pages !) et des premières statistiques (la bonne nouvelle étant que 25 % des recueils proviennent de nouvellistes qui avaient déjà participé à l’une des 5 éditions précédentes -où les récidivistes ne dépassaient pas les 5 %-, devenant des fidèles d’un Prix qui s’installe dans la durée).


Le temps de la lecture est commencé...
 Pour les juré(e)s, commencera dans quelques jours, le temps le plus long, celui de la lecture. Chaque recueil sera d’abord lu par trois jurés. Puis après les premiers « filtrages » et les réunions d’échanges, les recueils nominés par chaque groupe seront lus par trois nouveaux lecteurs, avant de dégager une « présélection » d’une quinzaine de recueils.
Viendra alors le temps de LA Sélection de 5 à 6 recueils qui sera proposée au Jury final composé des premiers groupes de lecteurs, augmentés de professionnels du livre : éditeur, nouvelliste, libraire, bibliothécaire… sans oublier la lauréate de l’édition 2014.  




Rien ne filtrera avant l'heure...
Pour les 5 ou 6 sélectionné(e)s qui seront informé(e)s fin juin et qui devront nous adresser des exemplaires supplémentaires et leur fichier informatique, commencera alors le temps de l’attente qui durera tout l’été… Dans tous les cas, ils sont assurés qu’une de leurs nouvelles sera publiée dans le N° 48 de la revue Harfang qui paraîtra fin Novembre.



Pour le/la lauréat(e), le suspense prendra fin début septembre quand le Jury final après les lectures estivales rendra son palmarès. Le recueil primé sera édité aux éditions Paul&Mike et sera présenté au public lors de la cérémonie de remise de la sixième édition du Prix de la Nouvelle de la Ville d’Angers le vendredi 25 Novembre (date à confirmer) à la Bibliothèque Municipale d’Angers.

Enfin, pour tous les participants, ce sera le temps de la lecture et du partage puisque chacun recevra un exemplaire du recueil primé.

D’ici là, patience…

(à suivre)

 


dimanche 31 janvier 2016

MEILLEURE MICRO-NOUVELLE DE L'ANNEE 2015

Les membres permanents du comité de lecture de la revue Harfang ont voté pour élire la "meilleure micro-nouvelle" parmi les12 sélectionnées et publiées sur notre blog au cours de l'année 2015.
Voici donc le résultat :

1 Claire LARQUEMAIN pour "L'interrupteur"  (Février 2015)
2 Caroline DEVRED pour "Les mots" (Août 2015)

La gagnante recevra un abonnement d'un an à la revue Harfang et son texte sera publié (ainsi que celui arrivé en seconde position) dans le N° 48 de la revue  (à paraître au printemps)

Merci à tous ceux qui nous ont adressé des textes tout au long de l'année...
Merci pour leur persévérance et leur patience... car il  y a beaucoup de refusés et peu d'élus (12 par an... mais c'est la règle du jeu)
Alors quelques conseils :
- continuez à nous adresser vos micro-nouvelles (en 100 mots maximum)
- récidivez dans les mois suivants en cas de refus...
- ... par contre, si votre texte est retenu comme "micro-nouvelle du mois", merci d'attendre l'année suivante pour nous adresser un nouveau texte.

mardi 29 décembre 2015

MEILLEURS VOEUX 2016


HARFANG vous souhaite une BONNE ANNEE
 
 
En 2016, suivez notre chouette blanche...
et son étoile annonciatrice
de BONNES NOUVELLES !
 

Les recueils primés en 2015


 A l'heure des rétrospectives de l'année 2015, voici à titre d'information une liste de recueils de nouvelles qui ont été primés ces derniers mois.
Même si cette liste n'est ni exhaustive ni représentative, elle peut constituer un bel échantillon des meilleures nouvelles de l'année et donner quelques idées de lecture...

 
Prix Goncourt de la nouvelle 2015
Patrice Franceshi  pour Première personne du singulier (Points Seuil)
 


Prix SGDL de la Nouvelle 2015
Scolastique Mukasonga  pour Ce que murmurent les collines (Gallimard)
 
Prix Boccace 2015
Julien Bouissoux pour Une autre vie parfaite (L’Âge d’Homme)
Prix Litter’halles 2015
Daniel Cario pour La camarde (Locus Solus)
Prix de la Femme Renard 2015
Derek Munn pour Un paysage ordinaire (C. Luquin)
Prix François Mauriac de l’Académie Française 2015
Virginie Bouyx pour Villes Chinoises (Gallimard)
 
Prix du premier recueil 2015 (SGDL)
Jérôme Orsini Des monstres littéraires (Actes Sud)
Prix Ozoir’elles 2015
Ethel Salducci  pour Singulière agape (Luce Wilquin)
 
 
 
 
 

vendredi 6 novembre 2015

HARFANG N° 47 : une mosaïque multicolore

Si le Harfang est connu pour la blancheur de son plumage qui lui permet de se fondre dans les paysages de neige, il est des harfangs au plumage plus varié. Il n’en faut pour preuve que cet Harfang caméléon N° 47 qui vient de prendre son vol à l’approche de l’hiver…

Varié dans ses formes d’abord, puisque parmi les douze nouvelles de cette livraison, certaines sont proches de la micro-fiction (avec J.-J. NUEL), d’autres du pastiche (avec P. FOURNEL), d’autres encore du conte et d’autres enfin de la chanson (avec C. ZALBERG).
Varié aussi dans ses provenances, puisque nous croisons notre oiseau fétiche en Alaska, ce qui semble être son aire naturelle (dans Alakshak de M.-C. BOURJON) mais aussi dans des régions moins septentrionales, au Japon (dans La Petite de L. SELLIER), en Espagne ou en Italie…
 
 
Varié enfin dans ses rencontres fortuites et ses ascendances littéraires puisque nous croisons Orphée (dans l’Eurydice de B. GAUTIER), Baudelaire et Nerval (dans La sirène rêveuse qui joue dans l’arbre de N. FEUILLARD), H. Bosco (dans Une hésitation de L.-M. FOUASSIER), G. Simenon (dans Maigret et la mercière folle de P. FOURNEL), G. Bataille et M. Leiris (dans Une faena particulière de M.-F. EHRET)… et enfin Einstein lui-même dans un train (à la fois dans Vu du train de M. BENARD et dans Ajkal de S. TARSIER)…
Voici donc un Harfang aux plumes variées dans ses tonalités et ses couleurs, une véritable mosaïque multicolore.

Harfang N° 47, 120 p., 12 € (chèque à l’ordre d’Harfang 13bis avenue Vauban 49000 Angers)
Après lecture, n’hésitez pas à nous livrer vos impressions sur le blog ou par courriel
 

 

mardi 3 novembre 2015

HARFANG aux SALONS d'OZOIR et de BURES

 

Harfang reste fidèle aux rendez-vous annuels des Salons du Livre où la nouvelle est à l'honneur.

 
Cette année encore, Harfang sera présent à la neuvième édition du Salon d'Ozoir la Ferrière (77) qui a lieu le samedi 21 novembre de 10 heures à 18 heures à la Ferme Pereire.

 


A cette occasion, deux prix seront remis :
 
D'abord le Prix Ozoir'elles 2015 où les 4 recueils  en compétition sont signés par des femmes : Isabelle Baldacchino, Ananda Devi, Sylvie Dubin et Ethel Salducci...
 
Puis le Prix de la nouvelle qui sera remis par le Président du jury J.-M. Blas de Robles...
 
 
Harfang sera également présent au Salon de Bures-sur-Yvette (91) le samedi 28 novembre de 10 heures à 19 heures.
 
Venez nombreux nous rejoindre sur notre stand pour découvrir le numéro 47 d'Harfang...
et nous faire un signe d'amitié : un cadeau vous attend !


 

vendredi 23 octobre 2015

PRÊT... POUR LE PRIX DE LA NOUVELLE D'ANGERS 2016 !

Nouvellistes...
 
à vos plumes ! à vos claviers ! à vos écrans ! à vos imprimantes !
 Le compte à rebours est commencé...
il ne vous reste plus que quelques semaines pour peaufiner vos recueils
et pour participer à la sixième édition du Prix de la Nouvelle de la Ville d'Angers...
 
Rappelons... pour répondre à vos questions
 
 - que le règlement est consultable dans la revue et sur le blog sous l'onglet Prix et Concours,
- que les 3 exemplaires du recueil participant (accompagné d'un chèque de 10 € et d'une fiche de présentation) doivent -impérativement- être adressés entre le 1 et le 31 janvier 2016,
- que l'impression recto-verso est possible et même conseillée écologiquement et économiquement (cela diminuera les frais d'envoi puisque les tarifs de La Poste augmentent au 1 Janvier ! )
- que les éditions Paul&Mike sont notre nouveau partenaire pour la publication et la diffusion du recueil primé (pour rassurer ceux et celles qui s'en sont inquiété après la disparition des éditions D'Un Noir Si Bleu).
 
 
Combien serez-vous de participants sur la ligne de départ ?
 
Qui succèdera en 2016 à Patricia Chauvin-Glonneau (2006), Marc Bénard (2008), Sylvie Dubin (2010), Marie Pontacq (2012), Estelle Granet (2014)...  lauréat(e)s des éditions précédentes *?
 
 
 
 
 



Peut-être vous... ! 
Pour les réponses,
rendez-vous en Novembre 2016 !
 
 Alors, prêts ? Alors part(icip)ez !
 
  
* Malgré la disparition des éditions Siloë
et D'un Noir Si Bleu,
quelques exemplaires des recueils primés lors des éditions précédentes
sont encore disponibles
contre un  chèque de 10 € (franco de port) 
 auprès de la revue Harfang
(13bis avenue Vauban 49000 Angers)

Pour tout renseignement ou question, adressez un mail à
revueharfang@laposte.net
 
 
 
 

jeudi 6 août 2015

La nouvelle thérapie de Régine DETAMBEL… et du Docteur HARFANG !


Dans son essai pour une « bibliothérapie créative »,  Les livres prennent soin de vous (Actes Sud), Régine Detambel (écrivain et kinésithérapeute) a récemment rappelé que la lecture, sous toutes ses formes, peut être une thérapie… à condition de choisir les livres qui conviennent à chaque individu et à chaque pathologie !
Cette « nouvelle thérapie » est cependant d’une nouveauté relative…
Depuis longtemps, les lecteurs d’Harfang ont pu constater les bienfaits d’une lecture vespérale, notamment sur la qualité de sommeil. « Lire une nouvelle au coucher » est depuis longtemps l’ordonnance favorite du bon docteur Harfang. Certains ont même pu déplorer à ce propos que les revues et les recueils de nouvelles ne soient pas encore remboursés par la Sécurité Sociale… car ils sont souvent plus efficaces que les somnifères et les anxiolytiques et ils obèrent moins les dépenses globales de santé !
Soyons sérieux. Chacun a pu constater qu’un enfant a besoin d’une lecture avant de s’endormir. Le conte lui permet de se projeter, de s’identifier, de faire face aux problèmes rencontrés dans la réalité… Pourquoi n’en serait-il pas de même pour l’adulte ? La lecture lui offre un sas, un entre-deux vital, un espace entre la vie réelle et la fiction, le rêve, l’imaginaire… lui permettant ainsi de régler maux, conflits et problèmes divers. Il suffit de se rappeler comment, de soir en soir, de conte en conte, Shéhérazade guérit peu à peu Shahryar de sa jalousie, de sa violence…
Certes, notre expérience de « bibliothérapie » est limitée à un groupe de lecteurs ; certes, elle n’a pas de valeur reconnue par la communauté scientifique ; certes, notre article ne paraîtra pas dans les prestigieuses revues « Science » ou « Nature »…
Mais vous pouvez toujours essayer et suivre les bons conseils du Docteur  Harfang… vous nous en direz des  nouvelles !

 

 

vendredi 10 juillet 2015

QUE LIRE CET ETE : ROMANS OU/ET NOUVELLES ?


ou quelques interrogations sur les genres et les appellations

Les ouvrages récents de Cavailles, Jauffret, Mauvignier, Quignard, Thobois et quelques autres sont-ils des romans (comme l’indiquent les couvertures)… ou bien des longues nouvelles isolées… ou encore des recueils de nouvelles ?
Autrement dit, le lecteur peut-il se fier aux étiquettes… ou doit-il s’interroger comme le consommateur qui fait ses emplettes dans les rayons de son hyper marché ou sur l’écran de son ordinateur ?
Souvent le seul critère de longueur a semblé pertinent pour distinguer un roman d’une nouvelle. Mais est-ce aussi simple ?
Déjà dans les siècles passés, l’appellation est fluctuante : La Princesse de Clèves de Madame de Lafayette est-elle une longue nouvelle historique ou un roman d’analyse psychologique ? Et Colomba de P. Mérimée est-elle une longue nouvelle ou un court roman ?
L’interrogation reste d’actualité lorsqu’on lit la Vie de Monsieur Leguat (72 pages, éditions du Sonneur) de Nicolas Cavaillès qui est sous-titré « roman » (par l’auteur ? par l’éditeur ?) mais qui a reçu le Prix Goncourt de la Nouvelle 2014 ! Et plus récemment Le plancher de Jeannot d’Ingrid Thobois présenté comme « roman » mais qui ne dépasse pas les 75 pages (Buchet-Chastel, 2015) ! Dans ces cas et dans d’autres similaires où l’on raconte l’histoire d’une vie, certains proposent plutôt de parler de « récit ».
 
Derrière ce critère de longueur se cache souvent un jugement de valeur. Certains jugent, en reprenant la formule d’Ambrose Bierce, qu’un roman n’est qu’une « nouvelle considérablement rembourrée ». D’autres jugent, selon l’humeur, qu’une nouvelle est un roman avorté ou un embryon de roman.  Plus que la longueur, l’essentiel n’est-il pas de savoir si la narration « fonctionne » et si le lecteur y trouve son plaisir ?
L’interrogation prend une autre dimension lorsque l’on passe de la nouvelle isolée au recueil et que l’on oppose la diversité des nouvelles rassemblées en recueil à l’unité du roman. Nouvelles au pluriel contre roman au singulier. Et le problème se complique, notamment ces dernières décennies, puisque de nombreux recueils de nouvelles se retrouvent affublés de l’étiquette « roman ». Cette ambigüité de définition et d’appellation étant souvent entretenue par nécessité éditoriale. Certes l’étiquette ne fait pas le produit… mais le lecteur peut se sentir trompé (tout comme le consommateur peut être trompé sur la marchandise… quand il trouve du cheval dans son pâté certifié pâté d’alouette !)
Ainsi L’ange aveugle (Le Seuil, 1992) de Tahar Ben Jelloun est-il appelé « roman » alors même que les nouvelles qui le composent ont été publiées précédemment comme « nouvelles » dans la presse… et devient « recueil de nouvelles » lors de la réédition en collection de poche quelques années plus tard.
Plus récemment Régis Jauffret dont les 500 Microfictions (Le Seuil, 2007) sont sous-titrées « roman », récidive en publiant aujourd’hui Bravo (Le Seuil, 2015) un ouvrage sur le thème de la vieillesse sous-titré lui aussi « roman » et qualifié par l’auteur de « roman-mosaïque » mais qui propose bel et bien 16 nouvelles, excellentes au demeurant et toujours aussi incisives (qui se lisent de manière indépendante)… Mais tout recueil n’est-il pas aussi une « mosaïque » de textes ? Et Mosaïque n’est-il pas le titre choisi par Prosper Mérimée quand il décida de regrouper ses nouvelles et de composer un recueil ?

Parallèlement, Laurent Mauvignier spécialiste du roman polyphonique, « roman choral » comme on dit aujourd’hui, publie Autour du monde (Minuit, 2014) roman composé de quatorze histoires (nouvelles ?) qui se situent dans toutes les parties du monde, quatorze destins touchés par  le tsunami de mars 2011… Le lecteur passe ainsi d’un pays à l’autre autour du monde, d’un personnage à l’autre -parfois à l’intérieur d’une même phrase- mais les nouvelles s’enchaînent en un continuum d’histoires, sans rupture narrative. Ici l’art de la chute est remplacé par l’art du rhapsode, l’art de la transition, de la couture invisible.
Cela n’est pas sans rappeler que dans les années 90, avec Chien de gouttière (Seghers, 1990) et Esperluette et compagnie (Seghers, 1991), Hôtel intérieur, nuit (HB éditions, 1995),  Jean-Noël Blanc avait lancé la formule de « roman-par-nouvelles » lorsqu’une unité de lieu, de temps, de personnages, de thèmes donnait plus de cohérence à l’ensemble ainsi constitué.
Mais n’est-ce pas là brouiller encore plus les repères ? Là où le romancier cherche à diversifier les voix narratives (pour ne pas ennuyer son lecteur ?) le nouvelliste est en quête d’unité et d’une composition qui relie les éléments entre eux pour éviter la dispersion.  C’est considérer que l’ensemble (roman ou recueil) est supérieur à la somme des parties (nouvelles isolées). La composition unifiée d’un recueil créerait donc une plus-value, un surplus de sens.
Dans les deux cas et de manière opposée, ce que cherche l’écrivain (romancier ou nouvelliste) n’est-ce pas l’unité dans la diversité ? Peu importe le moyen d’y parvenir. Le complexe que le nouvelliste peut développer à l’égard du romancier peut être dépassé à condition d’oublier l’opposition entre « unité OU pluralité » pour la fusion entre « unité ET pluralité » ! C’est ce que proposait déjà Marcel Arland dans ses « recueils-ensemble » comme Il faut de tout pour faire un monde (1947) ou L’eau et le feu (1960). L’unité et la diversité sans la dispersion lorsque dans un recueil, la composition et les liens entre les nouvelles font que l’ensemble est supérieur à la somme des parties, des nouvelles isolées. Et que les fragments puissent s’organiser et former une figure lisible… Pour prendre une métaphore usée, c’est voir le bouquet et ne plus percevoir la fleur dans le bouquet… C’est ce défi que semble avoir surmonté Mauvignier… mais que Jauffret n’a pas réussi à relever.
N’est-ce pas là aussi le projet de Pascal Quignard depuis des décennies, avec les huit tomes des Petits traités, les neuf tomes parus à ce jour du Dernier royaume, œuvre en cours qui volume après volume  mêle tous les genres (aphorismes, proses poétiques, essais, notes, fragments de journal, nouvelles, contes, fables…). Les académiciens Goncourt ne s’y sont pas trompés en lui attribuant le Prix Goncourt en  2002 pour le premier tome Les ombres errantes.
N’est-ce pas déjà fait en littérature jeunesse où la pratique est courante.  Pour preuve ce « roman à sept voix » On n’a rien vu venir (2012, Alice Éditions) où sept auteures ont écrit une nouvelle sur la situation dans sept familles différentes à  la suite de l’élection du Parti de la Liberté… qui une fois au pouvoir exclut ceux qui s’écartent de la norme et supprime une à une toutes les libertés ! Rien d’étonnant à cela. Car pourquoi les recettes qui font le succès des séries télévisées ne pourraient pas être transposées à la littérature ?
En la matière, l’auteur a donc tous les droits… Pour lui, seule l’écriture importe. Le véritable créateur évite de reprendre les mêmes moules et les mêmes recettes. Les genres sont à recréer sans cesse. J.-M. G. Le Clézio n’écrivait-il pas en 1965 en avant-propos à son premier recueil  La Fièvre que les genres, « les poésies, les romans, les nouvelles sont de singulières antiquités qui ne trompent plus personne, ou presque » ?
Quant au lecteur, qu’importe l’appellation, pourvu que l’ivresse de la lecture soit au rendez-vous.